Constat alarmant sur les conditions de vente des pesticides aux jardiniers amateurs

Les pesticides destinés aux jardiniers amateurs ne sont majoritairement pas conformes aux réglementations en vigueur. C’est le constat alarmant que dresse la dernière enquête de la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les enquêteurs ont analysé 109 échantillons dans 554 établissements différents : 56,9% des produits analysés n’étaient pas conformes. Les manquements constatés portent sur les autorisations de mise sur le marché (AMM) : absence d’autorisation ou non-respect des conditions de l’AMM*. Ces manquements concernent aussi les règles d’étiquetage : absence du type de préparation, de la catégorie d’utilisateur ou d’avertissement sur le risque de pollution. Les indications relatives au nombre de traitements, de doses et de délai d’attente avant récolte ne sont pas non plus conformes à l’AMM.

Des pesticides chimiques dangereux pour les abeilles et pour le consommateur

La France compte 17 millions de jardiniers amateurs, c’est à dire 35% de la population. Depuis le 1er janvier 2017, ils ne peuvent plus acheter des pesticides chimiques en libre-service : ces produits sont désormais délivrés après un conseil personnalisé donné par un vendeur certifié. Mais en fournissant de mauvaises informations sur ces pesticides, l’étiquetage peut induire en erreur vendeurs et utilisateurs qui risquent de mal doser ou surdoser le produit et se mettre en danger.

L’utilisation de ces produits, qui seront interdits à la vente à partir du 1er janvier 2019, constitue de toute façon un risque pour les pollinisateurs. On retrouve des résidus de pesticides jusque dans le miel des abeilles. Tout en espérant que les services du gouvernement surveillent d’un peu plus près les AMM de ces produits dangereux, il est d’ors et déjà possible de choisir des produits de substitution et des pratiques respectueuses de l’environnement et des abeilles.

* En France les pesticides ne peuvent être mis sur le marché et utilisés sans autorisation préalable.