Mettons en place ensemble un vaste réseau de conservatoires d’abeilles et de pollonisateurs à travers toute la France, pour assurer la pérennité de nos ressources alimentaires et de la biodiversité.
Aidez-nous...


Accueil > La vie des abeilles > L’impact des abeilles sur la production des cultures

L’impact des abeilles sur la production des cultures

Il n’existait que des estimations très approximatives du nombre du cultures qui dépendent des animaux pour assurer leur pollinisation et du degré de cette dépendance. Jusqu’à ce qu’un groupe de chercheurs d’Allemagne, de France (Inra d’Avignon), d’Australie et des Etats-Unis analysent en 2006 les résultats de travaux scientifiques portant sur les 115 cultures les plus importantes pour plus de 200 pays à travers le monde, afin d’évaluer précisément la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale utilisée directement par l’homme pour sa nourriture.


D’après ces études, la production de plus des 3/4 des cultures bénéficient de l’activité pollinisatrice des animaux : la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d’épices et de stimulants (café, cacao)..

En terme pondéral, cela représente 35% de la production mondiale de nourriture : une bouchée sur trois en moyenne !

Cette différence entre le grand nombre d’espèces qui dépendent des abeilles pour leur pollinisation et leur poids relativement plus faible dans la production de nourriture, vient uniquement du fait que les céréales comme le blé, le maïs et le riz, qui représentent presque à eux seuls près de 60 % des aliments consommés dans le monde, ne dépendent quasiment pas des pollinisateurs pour leur reproduction. (Les 5 % restant provenant de cultures pour lesquelles l’impact des pollinisateurs n’a pas encore été étudié).

C’est rassurant. Cela signifie que si les abeilles disparaissaient, on ne mourrait théoriquement pas de faim du jour au lendemain. Par contre, la variété et la qualité de notre alimentation chuteraient instantanément et de façon tout à fait dramatique pour la population mondiale.

Sans les butineuses, la plupart des cultures n’atteignent pas une production satisfaisante.

- C’est le cas de nombreuses espèces sauvages : romarin, thym, lavande, moutarde..

- de presque tous les arbres fruitiers : pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers,
pêchers, cerisiers, etc.

- des grandes cultures oléagineuses, colza et tournesol, et protéagineuses, et de
presque toutes les cultures maraîchères : courgettes, citrouilles, tomates, salades,
fraises, framboises et tout le reste...

Et aussi :

- des semences de crucifères : radis, choux, navets...
- d’ombellifères : carottes, céleri, persil...
- d’allliacées : oignons, poireaux..

Difficile d’imaginer l’un de nos repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !

Selon Bernard Vaissière, chercheur à l’INRA d’Avignon, et co-auteur de l’étude :

"La sélection des cultures par l’homme au cours des millénaires a eu pour objectif de développer des variétés qui produisent de la nourriture de façon fiable dans un environnement variable.

Mais cette sélection a toujours eu lieu en présence d’une abondance de pollinisateurs car les parcelles étaient de petites tailles et à proximité d’éléments d’habitat naturel.

Aujourd’hui nous trouvons que plus de 75 % des cultures qui nourrissent l’humanité et
35 % de la production de nourriture dépendent encore des pollinisateurs, c’est-à-dire des abeilles pour la plupart. Mais les pratiques de production et les paysages agricoles qui en résultent ont évolué considérablement ces dernières années de sorte que maintenant les pollinisateurs sont souvent trop rares pour pouvoir polliniser les cultures de façon fiable et efficace.

Nos résultats apportent un vibrant rappel sur le rôle essentiel que jouent les pollinisateurs dans notre vie quotidienne, en particulier au niveau de notre alimentation puisque leur activité pollinisatrice nous permet d’avoir de nombreuses denrées essentielles mais aussi agréables, comme le café et le chocolat, les huiles végétales et les fruits à coques, et la plupart des fruits et légumes".}}


PS :

Pour aller plus loin

L’étude co-écrite par Bernard Vaissière de L’INRA d’Avignon :

Importance of pollinators in changing landscapes for world crops
Klein, A.M., Vaissière, B.E., Steffan-Dewenter, I., Cunningham, S.A., Claire, K., & Tscharntke, T.

http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/274/1608/303.short

Landscape context and habitat type as drivers of bee diversity in European annual crops
Gabriel Carre ́, Philip Roche, Re ́ my Chifflet, Nicolas Morison, Riccardo Bommarco, Jenn Harrison-Cripps, Kristin Krewenka, Simon G. Potts, Stuart P.M. Roberts, Guy Rodet, Josef Settele, Ingolf Steffan-Dewenter, Hajnalka Szentgyo ̈ rgyi,
Thomas Tscheulin, Catrin Westphal, Michal Woyciechowski, Bernard E. Vaissière

http://www.zoo3.biozentrum.uniwuerzburg.de/fileadmin/07020300/zoo3/download_pub_pdf/AgricEcosystEnviron2009_133_40-47_Carre_et-al.pdf