Pollinisateurs sauvages

Portrait d’Apiformes : l’abeille solitaire Anthidium Florentinum

Depuis son lancement, Apiformes a déjà permis d'identifier 324 espèces d'abeilles sauvages sur le territoire français. Gros plan sur l'une d'elles : Anthidium florentinum, avec Laurent Guilbaud, technicien de recherche, INRA, Unité Abeilles et Environnement, Equipe Pollinisation et Ecologie des Abeilles.

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Date: 23 juillet 2019

C’ est une espèce d’abeille solitaire de la famille des Megachilidae, d’ailleurs ça se repère assez vite à son aspect trapu et à la présence, chez les femelles, d’une brosse ventrale sous l’abdomen qui sert au transport du pollen jusqu’au nid. En revanche, elle a une particularité dans cette famille : le mâle est plus gros que la femelle ce qui, contrairement à ce que l’on pense généralement, est très peu courant chez les abeilles. Les Anthidies se reconnaissent notamment aux bandes jaunes (ou blanches) et noires interrompues sur l’abdomen, qui les font un peu ressembler à des guêpes.

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Anthidium Florentinum ©Laurent Guilbaud pour Apiformes

Ce sont des abeilles estivales ; elles peuvent vivre de mai à septembre même si leur durée de vie est limitée à quelques semaines. Elles sont dîtes « cotonnières » car si elles se nourrissent du nectar et du pollen de différentes espèces de plantes ; elles ont besoin, pour confectionner leur nid, de plantes duveteuses comme l’Epiaire de Byzance, le Cinéraire maritime ou la Coquelourde des jardins. Les femelles « grattent » la face inférieure des feuilles de ces plantes à l’aide de leurs mandibules pour former une boule de poils qu’elles transportent entre leurs pattes jusqu’au nid, confectionné dans la cavité d’un arbre, d’une tige ou d’un mur. Avec cette boule de poils, elles font un petit nid douillet où sera pondu un œuf, déposé sur un mélange nectar + pollen appelé « pain de pollen ». La loge est alors refermée par de la ouate végétale. Une dizaine de loges sont ainsi fabriquées par une seule femelle, durant sa courte vie.

Pendant que les femelles sont occupées à butiner pour collecter les ressources alimentaires ou les poils végétaux pour leur descendance, les mâles – territoriaux – patrouillent. Ils sont armés de dents sur les côtés de leur abdomen et n’hésitent pas à heurter violemment tout intrus ou rival potentiel afin de le chasser de leur territoire. Mais contrairement aux femelles, ils sont dépourvus de dard et ne peuvent pas piquer !

Dans le cadre du réseau Apiformes, un seul spécimen a été capturé jusqu’ici par un des lycées du réseau, dans le département du Rhône. Nous manquons encore d’informations sur sa répartition à l’échelle du territoire français pour pouvoir définir un statut de protection. Récolter, analyser ces informations : c’est justement tout l’intérêt du travail que nous continuons à mener avec le réseau.

Laurent Guilbaud, INRA, Unité Abeilles et Environnement, Equipe Pollinisation et Ecologie des Abeilles

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