Agriculture et Pesticides / Pollinisateurs sauvages

Restaurer d’urgence l’habitat des pollinisateurs : premiers coups de pioches

Pour enrayer le déclin brutal des pollinisateurs sauvages, il faut en finir avec les pesticides mais aussi restaurer d’urgence les ressources florales et les zones dont ces insectes ont besoin pour nicher et se reproduire. Les ingénieurs agronomes de POLLINIS travaillent depuis plusieurs mois sur le rôle crucial des haies dans cette équation.

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Date: 18 février 2019
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Avec l’aide des experts et des acteurs de terrain, ils ont établi un Cahier des charges des haies pour pollinisateurs. En janvier, l’équipe a participé à sa première mise en œuvre dans une ferme d’Eure-et-Loir. Un projet financé à 100 % par les membres de POLLINIS.

La plaine céréalière de la Beauce ne constitue pas un paysage très hospitalier pour les abeilles et les papillons… C’est pourtant ce décor de monocultures à perte de vue que POLLINIS a choisi pour lancer sa première campagne de restauration des habitats pour pollinisateurs, avec la plantation, dans un premier temps, de trois rangs d’arbres, de buissons et de plantes à fleurs favorables aux insectes, pour un total de 750 mètres de haies. Un projet vital pour l’agriculteur Fabien Perrot, qui a besoin d’implanter un système de haies brise-vent capable d’abriter les vaches qu’il compte réintroduire dans la plaine pour réorienter la ferme familiale vers la polyculture-élevage en bio. Mais pour POLLINIS, c’est aussi et surtout un test grandeur nature pour le nouveau Cahier des charges des haies pour pollinisateurs élaboré afin de tenir compte au mieux des besoins de ces précieux insectes auxiliaires sauvages.

PLANTES LOCALES POUR POLLINISATEURS LOCAUX

Choix des essences, disposition des rangs, coordination du chantier… C’est le bureau d’études AGROOF, spécialisé en agroforesterie, qui a été chargé par POLLINIS d’organiser le chantier de Germainville, en tenant compte d’une recommandation centrale de notre cahier des charges : « fournir des essences locales de plantes adaptées à la variété et à la biodiversité des pollinisateurs locaux ». L’équipe de POLLINIS a participé à la plantation le 24 janvier dernier, aux côtés d’une quarantaine d’étudiants (lycéens agricoles et BTS « Gestion et Protection de la Nature ») et de professeurs mobilisés par l’association et venus spécialement du lycée Le Chesnoy (Loiret).

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Destiné à lancer notre opération de restauration des habitats de pollinisateurs, le chantier de Germainville a également permis à une quarantaine de lycéens et étudiants de participer à un projet concret de gestion et de protection de la nature.

VERS DES CORRIDORS ÉCOLOGIQUES

Il y aura beaucoup d’autres chantiers après celui de Germainville. « Ce chantier pilote nous permet de tester et d’améliorer notre cahier des charges, et de le faire évoluer avec le concours des spécialistes de terrain » explique Matthieu Lacour-Veyranne, chargé de mission Agriculture pour POLLINIS. « Notre objectif à terme, précise Nicolas Laarman, délégué général de l’association, est de créer un système de haies qui permette aux pollinisateurs de se nourrir, de nicher et de repeupler nos territoires. En remettant en contact, sur le principe des corridors écologiques, des populations dont l’habitat a été fragmenté, on favorise la biodiversité, le nombre des pollinisateurs et, avec eux, d’une grande variété d’insectes, d’oiseaux, de plantes et de mammifères. »

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POLLINIS compte sur ses donateurs pour faire fleurir ces haies pour pollinisateurs à travers tous nos territoires. Car à côté du combat que mène l’association contre les pesticides, la restauration des habitats et des ressources est une condition sine qua non pour enrayer l’extinction des espèces.

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