Le frelon asiatique s’attaque à l’île de Groix

Une dizaine d’année après son apparition en Aquitaine, le frelon asiatique, qui décime les colonies d’abeilles, est arrivé sur l’île de Groix. Les premiers frelons ont été observés en 2014. Depuis, le nombre de signalements ne faiblit pas, et ce malgré les destructions de nids réalisées par l’Association de sauvegarde de l’abeille noire de Groix (Asan GX), constituée en “Conservatoire des abeilles noires de l’Île de Groix”.

La petite île aux prairies verdoyantes est située à seulement 5 kilomètres du continent. Une distance qui l’a longtemps préservée d’une invasion massive, mais qui n’est pas suffisante pour l’isoler totalement : un frelon peut aisément parcourir cette distance sans avoir besoin de se poser. On comprend dès lors mieux les difficultés que connaît Groix par rapport aux îles plus éloignées, comme Belle-Île ou Ouessant, encore épargnées.

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Nid de frelons asiatiques au sommet d’un arbre, île de Groix.

 

Depuis quelques années, les apiculteurs du conservatoire des abeilles noires de Groix avaient pourtant installé des pièges à frelon sur l’île, anticipant l’arrivée inévitable des premières “fondatrices”. Des reines qui, si elles sont fécondées, peuvent bâtir des colonies comptant jusqu’à 13 000 frelons… En 2014, quelques fondatrices sont capturées par l’un des pièges. Une course contre la montre débute alors pour les apiculteurs qui se mettent à la recherche du nid. Il leur faudra une quinzaine de jours pour le dénicher, fixé sous la toiture d’une grange abandonnée. Malheureusement, la destruction fût trop tardive, de nouvelles fondatrices étaient déjà parties.

Près d’une vingtaine de nids ont depuis été recensé sur la petite île en 2015. Ils sont généralement localisés dans des endroits difficiles à dénicher et parfois impossibles d’accès : falaises, hautes branches, ronces, haies…

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Les nids sont difficilement repérables, souvent dissimulés dans les branches.

Un coût minimum de 130 euros pour détruire un nid de frelon asiatique

Le président de l’ASAN GX, Christian Bargain se souvient des démarches qui ont précédé la destruction de ce premier nid : “Il a fallu aller à la mairie et négocier pour demander l’intervention des pompiers équipés pour supprimer les nids.” Mais les pompiers n’interviennent que lorsqu’il y a un danger direct pour la population. Du coup, pour l’immense majorité des nids, des sociétés privées prennent le relais. Cette intervention a un coût, qui s’élève au minimum à 130 euros et qui était jusqu’à aujourd’hui pris en charge à 50% par le département du Morbihan. Mais précise M. Bargain : “Ce n’est plus le cas, et l’invasion est telle que c’est un gouffre financier pour les départements“.

Les apiculteurs n’ont d’autre solution que de placer à l’entrée des ruches des grilles aux mailles serrées, pour que les frelons ne puissent pas y rentrer. Une technique, qui a ses limites puisqu’en présence de frelons, les scientifiques ont remarqué que les abeilles hésitaient à sortir chercher du pollen. Or, il permet aux abeilles de fabriquer le miel qui doit nourrir la colonie, durant les longs mois d’hiver. Ainsi les frelons asiatiques sont également responsables d’une surmortalité indirecte dans les 200 ruches, et les 35 essaims sauvages de l’Île.