Pour le maintien de l’amendement StopNéonics : la mobilisation continue !

Plus de 180 000 messages ont déjà été envoyés par les sympathisants de POLLINIS à leurs sénateurs pour obtenir l’adoption de cet amendement salutaire pour les abeilles et l’environnement. Et la bataille est loin d’être terminée…

Réunis en commission du Développement durable, les sénateurs examinent à partir de demain l’amendement StopNéonics au projet de loi Biodiversité qui interdit l’usage des pesticides néonicotinoïdes au 1er janvier 2016.

Grâce à la campagne sans précédent lancée par POLLINIS il y a une dizaine de jours, plus de 180 000 personnes en France ont déjà envoyé un message direct aux sénateurs de leur département pour le maintien de cet amendement. Des milliers de citoyens européens ont également envoyé des messages de soutien à cette action.

Chaque matin, les sénateurs reçoivent dans leur boîte mail un message recensant les signataires de leur département qui ont participé à la campagne de POLLINIS, la liste s’allongeant chaque jour. Du Nord à l’Isère, de la Moselle aux Pyrénées-Atlantiques, et jusqu’en Guadeloupe, la mobilisation a été exceptionnelle. Dans certains départements, comme dans le Rhône, les sénateurs ont reçu jusqu’à 6 169 messages.

>> Si vous n’avez pas encore envoyé votre message aux sénateurs de votre département, il est encore temps de rejoindre le mouvement : cliquez ici.

L’amendement « StopNéonics » a été adopté par l’Assemblée nationale le 19 mars dernier, à l’initiative des députés PS Delphine Batho et Gérard Bapt mais contre l’avis du gouvernement. Il propose d’interdire en France au 1er janvier 2016 l’usage des néonicotinoïdes alors que la communauté scientifique internationale ne cesse de pointer la toxicité de ces pesticides pour les abeilles, mais aussi pour tout l’écosystème : oiseaux, papillons, abeilles sauvages, mouches, lombrics… (Lire le dernier rapport (en anglais) de l’EASAC).

Les néonicotinoïdes sont pourtant utilisés dans plus de 85% des grandes cultures en Europe et principalement sous forme de semences enrobées (les pesticides sont inséparables des graines). Ils sont de ce fait utilisés de façon massive et préventive, qu’il y ait ou non menace sur les cultures, et bloquent ainsi toute possibilité d’évolution du système agricole vers des modèles plus écologiques, pourtant officiellement prônés par l’Europe et la France. 

Mais au Sénat, la bataille n’est pas encore gagnée.

Le 24 juin dernier, les sénateurs de la commission des Affaires économiques sont montés au créneau pour torpiller l’amendement StopNéonics. D’après ce groupe influent chez les Parlementaires : « L’impératif environnemental ne doit pas conduire à faire la guerre à l’activité économique ». C’est oublier que selon l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) l’action indispensable des pollinisateurs pour les rendements et la qualité des récoltes des agriculteurs est estimée à 153 milliards d’euros par an.

Hier, une dizaine d’amendements ont aussi été déposés pour s’opposer à l’interdiction des néonics au 1er janvier 2016, à la création d’une enveloppe budgétaire dédiée à la lutte contre les néonics et aux groupements d’intérêt écologique et économique (GIEE), au sein du plan Ecophyto, groupements qui réunissent des agriculteurs pratiquant l’agroécologie.

Ces amendements ont été déposés par Sophie Primas – Yvelines (LR), rapporteur pour la commission des Affaires économiques), Rémy Pointereau – Cher (LR), Jean-Jacques Lasserre – Pyrénées-Atlantiques (UDI), Antoine Lefèvre – Aisne (LR), Michel Raison – Haute-Saône (LR), Daniel Gremillet – Vosges (LR) et Jean Bizet – Manche (LR).

Les arguments invoqués sont les mêmes : risque de distorsion entre les Etats en cas de suppression des néonics, incompatibilité avec le droit européen, pas de solutions alternatives viables aux néonics…  Des arguments développés par l’industrie agrochimique et pourtant battus en brèches par les scientifiques et les experts du droit communautaire. (Pour mémoire, l’Union européenne a voté un moratoire partiel sur certains néonics dès 2013).

Des sénateurs ont déjà répondu favorablement à l’appel de POLLINIS (voir leurs réponses ci-dessous). Mais ils ne sont pas encore assez nombreux pour garantir le maintien de l’amendement StopNéonics ces jours-ci, et surtout lorsqu’il sera à nouveau débattu en séance publique au Sénat en octobre prochain.

D’ici la, avec le soutien des citoyens, POLLINIS n’aura de cesse d’interpeller les élus français. Car si l’amendement StopNeonics était adopté, il mettrait fin aux conséquences désastreuses de l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes sur les pollinisateurs et l’ensemble de l’écosystème et ouvrirait enfin la voie à une agriculture à la fois efficace et respectueuse de l’environnement. 

>> Soutenez la campagne pour le maintien de l’amendement Stop Néonics en cliquant ici.

Les réponses des sénateurs et leur vote final au scrutin n°92 en séance du 4 février 2015 : 

Patrick Abate – Moselle (CRC) – a voté POUR
Marie-France Beaufils – Indre et Loire (CRC) – a voté POUR
Esther Benbassa – Val de Marne (EELV) – a voté POUR
Jean-Marie Bockel – Haut Rhin (UDI) – a voté POUR
Philippe Bonnecarrère – Tarn (UDI) – ABSENTION
Corine Bouchoux – Maine et Loire (EELV) – a voté POUR
Agnès Canayer – Seine Maritime (LR) – voté CONTRE
Patrick Chaize – Ain (LR) – a voté CONTRE
Mathieu Darnaud et Jacques Genest – Ardèche (LR) – ont voté CONTRE 
Annie David – Isère (CRC) – a voté POUR
Nathalie Goulet – Orne (UDI) – a voté POUR
Joël Guerriau – Loire Atlantique (UDI) – ABSTENTION
Annie Guillemot – Rhone – Rhône (PS) – a voté CONTRE
Bernard Lalande – Charente-Maritime (PS) – a voté CONTRE
Hervé Marseille – Hauts de Seine (UDI) – ABSTENTION
Alain Vasselle – Oise (LR) – a voté CONTRE
Yannick Vaugrenard –  Loire-Atlantique (PS) – a voté CONTRE