POLLINIS propose gratuitement une série de onze guides régionaux pour choisir les arbres et arbustes qui composeront la haie idéale pour les insectes butineurs.


Pour enrayer le rapide déclin des insectes, il est urgent de recréer des paysages qui leur soient favorables. Les haies des jardins offrent aux pollinisateurs des sites de nidification et les ressources florales dont ils ont besoin. Mais toutes les haies ne se valent pas. Les insectes et les plantes ne sont pas les mêmes partout, et les uns et les autres doivent se répondre pour former des écosystèmes harmonieux. POLLINIS a donc élaboré ces guides gratuits téléchargeables d’essences d’arbres et d’arbustes à la fois propices aux pollinisateurs et adaptées au climat et aux sols de chaque région. Un travail de longue haleine rendu possible par le soutien financier des citoyens engagés aux côtés de l’association.

Cliquer sur votre région pour télécharger le guide :

Choisir un guide :

Bassin parisien Nord

TÉLÉCHARGER

Bassin parisien Sud

TÉLÉCHARGER

Bassin Rhône-Saône et Jura

TÉLÉCHARGER

Massif Armoricain

TÉLÉCHARGER

Massif Central

TÉLÉCHARGER

Pyrénées

TÉLÉCHARGER

Zone Méditerranéenne

TÉLÉCHARGER

Zone Nord-Est

TÉLÉCHARGER

Zone Sud-Ouest

TÉLÉCHARGER

** Si vous souhaitez imprimer l’un de ces guides, envoyez-nous un mail et nous vous enverrons une version haute définition spéciale impression : contact@pollinis.org


POURQUOI PLANTER DES HAIES ?

Toutes les études scientifiques convergent : nous assistons à un déclin sans précédent de la biodiversité. Les insectes sont particulièrement en danger : selon une étude publiée en 2019, plus de 30 % de la faune entomologique est menacée d’extinction, soit le plus massif épisode d’extinction depuis la disparition des dinosaures…

Lutter contre l’effondrement des populations d’insectes

Parmi les pollinisateurs, les coléoptères, hyménoptères et lépidoptères sont les plus touchés par le processus en cours. Rien qu’en Allemagne, la masse d’insectes volants mesurée dans 63 aires naturelles du pays a baissé de 76 % en 27 ans. En France, un rapport du ministère de la Transition écologique daté de mars 2020 confirme une vulnérabilité semblable des insectes dans l’Hexagone, soulignant qu’aucune tendance positive n’est observée parmi les populations d’insectes étudiées entre 2013 et 2018. Les insectes associés aux prairies, landes et fourrés, principalement des papillons, ont la plus forte tendance au déclin.

L’effondrement des populations d’insectes prive d’autres animaux (oiseaux mais aussi petits mammifères, araignées, et même certains papillons) d’une ressource alimentaire essentielle et menace l’équilibre de l’ensemble de la biodiversité. Déjà mis à mal par les pratiques de l’agriculture intensive, comme l’utilisation massive des pesticides et la destruction de leurs habitats (forêts, haies, arbres), les oiseaux ont vu leur population décroître de 15 % dans les zones agricoles françaises en quinze ans, dans le sillage de la raréfaction de leurs ressources alimentaires.

Lire

Des insectes indispensables et irremplaçables

Les pollinisateurs sont indispensables à la richesse de nos paysages naturels et sont d’une importance vitale pour notre alimentation : 84 % des plantes que nous cultivons en Europe actuellement dépendent des insectes pollinisateurs. Sans eux, la fécondation et la multiplication des végétaux serait mise en péril et la plupart des fruits, des légumes et des épices que nous consommons pourraient disparaître de nos assiettes.

Pour l’agriculture, les pollinisateurs sont aussi une ressource inestimable. En 2019, des scientifiques du CNRS et de l’INRA ont démontré qu’une pollinisation abondante, et gratuite, du colza par les abeilles domestiques et sauvages est bien plus avantageuse financièrement (jusqu’à 200 euros par hectare) que l’utilisation de pesticides. Ces insectes rendent donc un service plus rentable et plus respectueux de la santé des agriculteurs, riverains et futurs consommateurs que le traitement chimique.

L’agriculture intensive : un monde hostile pour les pollinisateurs

La destruction des habitats engendrée par l’urbanisation, l’arrachage des haies, le remembrement et les pratiques agricoles intensives d’une part, et la pollution due à l’utilisation massive de pesticides et d’engrais de synthèse d’autre part, sont identifiés dans la littérature scientifique comme les causes principales de ce déclin.

Les pratiques d’arrachage de haies de l’agriculture conventionnelle ont transformé nombre de terres cultivées en déserts sans vie. Aujourd’hui, les haies sont arrachées au rythme de 23 000 km/an afin de créer d’immenses étendues de monocultures, particulièrement hostiles aux pollinisateurs sauvages. Ceux-ci se trouvent privés de fleurs pour s’alimenter et nourrir leurs larves, d’arbres et arbustes où se réfugier, de sols non travaillés pour installer leurs nids.

Faute d’habitat et de nourriture, ces espèces sont condamnées à décliner. La restauration des haies est donc une mesure essentielle pour préserver ces animaux. Pour les activités humaines, leur configuration permet aussi de délimiter des espaces, clôturer un jardin, dessiner un chemin…

Offrir le gîte et le couvert aux pollinisateurs

Les insectes ont besoin d’un milieu riche : des sols vivants, des végétaux florifères à butiner, de la terre et du bois où nicher. Certains ont besoin d’une alimentation variée, de fleurs aux pollens et aux nectars différents. D’autres sont au contraire spécialisés dans un type de fleur en particulier. Il faut donc une variété de végétaux suffisante pour satisfaire aux besoins de chacun, tout au long de l’année.

À ce titre, grâce à la variété de végétaux dont elles sont composées, les haies offrent une grande richesse florale, dans un espace limité, et constituent aussi un corridor dans lequel les animaux peuvent se déplacer. Un réseau dense de haies peut héberger jusqu’à une centaine d’espèces d’insectes différentes.

Lire

Penser local

Pour composer une haie favorable aux pollinisateurs, mieux vaut miser sur des plantes, arbres et arbustes d’origine locale, mieux adaptés aux sols et aux climats qui les entourent. De telles plantes se développeront, « chez elles », en harmonie avec leurs voisines, sans prendre le pas sur les autres végétaux, comme pourrait le faire une espèce invasive, potentiellement porteuse de pathogènes.

Par « plante d’origine locale », on entend un végétal non seulement d’essence locale, mais aussi issu de semences ou de plants eux-mêmes cultivés et multipliés localement, et non produits ailleurs avant d’être commercialisés loin de leur milieu d’origine. Ces spécimens sont d’autant mieux adaptés à leur terroir qu’ils en sont directement issus et n’en ont jamais été sortis, alors qu’une espèce indigène venue d’ailleurs pourra se révéler moins résiliente.

Interactions entre les plantes et les insectes

Un écosystème de plantes locales sera le plus accueillant pour la faune en général et les pollinisateurs sauvages locaux. Ces plantes auront un cycle de développement synchrone avec celui des populations d’insectes locales (entomofaune). Certains insectes sont très spécialisés. Les thècles, par exemple, sont un ensemble d’espèces de papillons dont chaque membre est spécialisé dans certaines plantes-hôtes : on compte ainsi la thècle du prunier, la thècle de l’orme, la thècle du chêne…

La marque « Végétal local »

La vaste majorité des essences proposées dans ces guides sont disponibles sous la marque « Végétal local », qui garantit l’origine locale d’un végétal sauvage sur le marché. Créée à l’initiative de la Fédération des conservatoires botaniques nationaux, de l’Association française arbres champêtres et agroforesteries et de l’association Plante & Cité, la marque Végétal local valorise la collecte, la multiplication et la distribution de matériel végétal issu de milieu naturel selon leurs régions d’origine, d’après une carte établie en fonction des critères biogéographiques des territoires. Une liste des structures régionales récoltant, produisant et distribuant ces plantes est disponible à la fin de chaque guide. Ces structures disposent d’une expertise de terrain : n’hésitez pas à les solliciter. Pour une information actualisée : vegetal-local.fr


MODE D’EMPLOI : LA HAIE IDÉALE POUR LES POLLINISATEURS

La composition de haies favorables aux pollinisateurs sauvages répond à un certain nombre de principes généraux qui permettront d’en faire des habitats adaptés aux insectes. La diversité de couleurs et d’essences proposée permettra de créer des haies plus riches que les murs de conifères bordant fréquemment les clôtures des jardins.

Principe n°1 : bannir l’usage des pesticides et des engrais chimiques 

Les haies contaminées par les pesticides et les engrais chimiques concentrent les toxines et se transforment en piège mortel pour les pollinisateurs. Les pesticides peuvent être remplacés par des alternatives non-toxiques et non-nocives pour les pollinisateurs.

Principe n°2 : diversifier les espèces végétales

La plantation d’au moins 6 essences différentes de plantes pollinifères et nectarifères, réparties entre les périodes de floraison précoce (mars-avril) et tardive (septembre-octobre) permet d’assurer aux pollinisateurs un accès à des ressources alimentaires prolongé de mars à octobre.

Principe n°3 : organiser la haie sur trois niveaux 

La construction d’une haie sur trois niveaux différents offre des abris variés aux  différentes espèces de pollinisateurs (et d’animaux). Les essences buissonnantes qui se développeront près du sol composent un premier niveau, les arbustives le niveau intermédiaire et, les arborescentes s’épanouiront au sommet de la haie.

Principe n°4 : composer deux rangs de largeur

Une haie plantée sur deux rangs en largeur permet d’offrir une densité suffisante et une résistance au vent et au gel.

Principe n°5 : privilégier les espèces locales 

Les essences endogènes d’arbres et d’arbustes sont les plus adaptées pour les butineurs locaux, à l’inverse des plantes exotiques qui peuvent s’avérer toxiques pour les pollinisateurs et devenir invasives. Elles risquent de s’approprier le terrain au détriment des plantes locales et de la faune qui en dépend.

Principe n°6 : créer un réseau de haies connectées 

En connectant les haies entre elles ainsi qu’ à d’autres milieux favorables à la biodiversité (prairies, forêts, cours d’eau), les petits pollinisateurs, dont la capacité de vol est de 75 mètres, pourront se déplacer plus aisément.

Principe n°7 : protéger la nidification

La taille des haies avant mars permet de ne pas perturber la période de nidification des insectes. La plantation d’espèces à tige creuse ou à moelle permet en outre d’offrir des sites de nidification pour les insectes xylicoles (qui nichent dans le bois).


Cette démarche vous intéresse ? Pour suivre les actions de POLLINIS en faveur des pollinisateurs sauvages :

 JE M’ABONNE

Nos projets pour les pollinisateurs

POLLINIS RAPATRIE LES INSECTES DANS LA BEAUCE

En janvier 2019, POLLINIS plantait ses premières haies pour pollinisateurs à Germainville (Eure-et-Loir). Un an et demi plus tard, les arbres et arbustes ont bien poussé et la biodiversité reprend ses droits.

EN PAYS DE LA LOIRE, PLANTATION DE HAIES AGRICOLES

Le projet de replantation de haies chez les agriculteurs des Pays de la Loire mené par POLLINIS et l'Afac se donne pour objectif de doubler le nombre de nouvelles haies et développer la création de mares.