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Restaurer les paysages

Les haies plantées par POLLINIS rapatrient les insectes dans la Beauce

En janvier 2019, POLLINIS plantait ses premières haies pour pollinisateurs à Germainville (Eure-et-Loir). Un an et demi plus tard, les arbres et arbustes ont bien poussé et la biodiversité reprend ses droits. Des résultats très positifs dont se réjouit Fabien Perrot, l’agriculteur qui cultive ces terres.

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Date : 16 septembre 2020

La haie pour pollinisateurs, plantée en janvier 2019 grâce au soutien des donateurs de POLLINIS, est bien peuplée en cet été 2020. « Il y a une énorme présence d’oiseaux. Cela veut dire qu’ils trouvent de quoi manger », se réjouit Fabien Perrot, cet agriculteur installé à Germainville (Eure-et-Loir). En effet, deux rangs d’arbres et arbustes ont été plantés ici sur deux mètres de large et 750 mètres de long pour offrir « le gîte et le couvert » aux pollinisateurs. De nombreux bourdons, abeilles et papillons ne s’y sont pas trompés.

Dans cette plaine de la Beauce, les grandes exploitations céréalières se succèdent à perte de vue offrant un paysage inerte déserté par les pollinisateurs et où la biodiversité peine à se faire une place. POLLINIS avait donc choisi un terrain complexe pour mener ce premier chantier de plantation de haies favorables aux pollinisateurs chez Fabien Perrot. L’agriculteur souhaitait diversifier ses cultures, développer l’élevage, se convertir à l’agriculture biologique et redonner de la place à la faune, notamment à l’entomofaune (insectes).

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Les saules, arbres à croissance rapide, sont les plus hauts de la haie. Ils ont l’avantage de fleurir tôt dans l’année et de fournir une nourriture aux pollinisateurs les plus précoces. © F. Perrot

Variétés d’arbres hauts et d’arbustes

Pour l’accompagner, POLLINIS a sélectionné les essences et défini le schéma de plantation avec son partenaire, l’Agroof, le bureau d’études spécialisé dans l’agroforesterie (pratiques agricoles associant les arbres et les cultures sur les mêmes parcelles). « Créer des haies représente un gros investissement financier et un gros travail pour la plantation, explique Fabien Perrot. C’est un investissement dont la productivité est indirecte, différée et difficile à mesurer. L’aide de POLLINIS a été précieuse pour ça. » 

Le choix d’une plantation en double ligne permet d’offrir une largeur suffisante pour que la faune s’y sente protégée. Les variétés d’arbres hauts et d’arbustes plus buissonnants donneront à terme une végétation dense et à plusieurs étages pour satisfaire aux besoins d’une grande diversité d’insectes. Des essences à floraison précoce alternent avec d’autres à floraison tardive afin de fournir des ressources alimentaires toute l’année aux pollinisateurs. Des végétaux à tige creuse ou à moelle ont aussi été introduits pour offrir les cavités nécessaires à la nidification de certains insectes. Enfin, des arbres à croissance rapide, qui ont souvent une bonne valeur biomasse, cohabitent avec des « arbres d’avenir », à croissance lente, qui fourniront du bois d’œuvre commercialisable pour l’agriculteur.

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Au mois de juin, les féveroles d’hiver ont poussé à gauche et bientôt Fabien Perrot cultivera des haricots secs à droite. La haie favorable aux pollinisateurs améliorera la pollinisation de ces cultures. © F. Perrot

Après les féveroles et en attendant les pommes de terre l’année prochaine, Fabien Perrot plantera ici pour l’hiver un couvert végétal où pâturera son troupeau de 110 vaches Black Angus, bientôt à l’abri de cette haie à effet brise-vent. « Cette rotation des cultures est le meilleur moyen d’éviter les parasites et insectes nuisibles sans avoir recours à des pesticides de synthèse. D’ici à deux mois, toutes mes parcelles seront en bio. L’absence de pesticides et de tout produit phytosanitaire d’une manière générale y est aussi pour quelque chose dans le retour de la faune », ajoute l’agriculteur.

Des projets qui se multiplient

Prochaine étape pour le jeune agriculteur, planter des arbres fruitiers dans les prairies permanentes afin de diversifier davantage ses productions. « Et ça va faire tache d’huile », annonce-t-il. À l’hiver 2021, « on prévoit de planter d’autres haies avec des agriculteurs de la région, notamment en bio, afin de créer un maillage entre les haies. » De son côté, POLLINIS a noué un partenariat avec l’Association française arbres champêtres et Agroforesteries (Afac) des Pays-de-la-Loire pour une quinzaine de nouveaux chantiers de plantations.