Abeilles / Agriculture et Pesticides

LES EXPERTS EUROPÉENS CONFIRMENT LA TOXICITÉ DES NÉONICOTINOÏDES POUR LES ABEILLES

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) s’est de nouveau prononcé sur le risque de pulvérisation foliaire des pesticides néonicotinoïdes pour les abeilles. Des risques jugés toujours élevés. Les résultats de ce nouveau rapport sont conformes à ceux de la précédente expertise de l’EFSA, publiée il y a deux ans.

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Date : 1 septembre 2015
Abeille morte PIXABAY

Même utilisées en simple pulvérisation, les trois principales molécules de la famille des pesticides néonicotinoïdes représentent « des risques élevés » pour les abeilles. C’est la conclusion de l’expertise rendue publique mercredi 26 août 2015 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

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Le colza est l’une des grandes cultures les plus traitées aux pesticides. © JP Tonn

Les résultats de ce nouveau rapport sont conformes à ceux de la précédente expertise de l’EFSA, publiée il y a deux ans. L’agence indépendante européenne – financée par l’Union européenne mais fonctionnant séparément de la Commission européenne, du Parlement européen et des États membres – soulignait déjà les risques encourus par les abeilles suite aux utilisations dites « systémiques » de ces substances, c’est-à-dire en traitement préventif des sols agricoles ou des semences avant leur mise en terre (graines vendues sous forme de semences enrobées de produit).

A l’époque, les conclusions de l’EFSA avaient conduit l’Union européenne à mettre en place, en décembre 2013, un moratoire de deux ans sur certaines utilisations systémiques des trois molécules (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride) sur le maïs, le tournesol et le colza. POLLINIS, qui défendait un moratoire total, s’était alors élevé contre cette interdiction partielle. De fait, l’utilisation de ces néonicotinoïdes reste autorisée en traitement systémique dans les serres, sur les céréales d’hiver et en pulvérisation sur certaines cultures. Et les néonicotinoïdes restent les pesticides les plus utilisés en Europe, avec plus de 80% sur les grandes cultures.

A la fin de l’année, le moratoire partiel arrive à son terme

L’heure est à la réévaluation et l’EFSA a lancé un appel à données scientifiques. Les différents acteurs – agences de sécurité sanitaire nationales, institutions scientifiques, agrochimistes, ONG, etc. – ont jusqu’au 30 septembre pour transmettre leurs documents qui seront compilés et transmis à la Commission européenne. Celle-ci prendra la décision de maintenir, d’étendre ou de revenir sur les restrictions d’usage de ces néonicotinoïdes.

Rien n’est acquis. Comme le souligne Stéphane Foucart dans Le Monde, « La Commission a autorisé, fin juillet, la mise sur le marché d’un nouvel insecticide neurotoxique – le sulfoxaflor –, analogue aux néonicotinoïdes et développé par la firme Dow AgroSciences. Conduite par l’EFSA et publiée en mars 2015, l’évaluation des risques de cette nouvelle molécule pointe pourtant des lacunes dans le dossier soumis par l’industriel et l’absence de certaines données écotoxicologiques. »

D’ici à décembre 2015, au vu de l’accumulation des preuves scientifiques sur la toxicité des néonicotinoïdes pour les abeilles, mais aussi pour l’ensemble des écosystèmes, POLLINIS entend porter une fois de plus la voix des citoyens qui réclament une interdiction totale de ces pesticides.