La faim, la bagnole, le blé et nous : une dénonciation des biocarburants

Essai de Fabrice Nicolino : La faim, la bagnole, le blé et nous - une dénonciation des biocarburants

Fabrice Nicolino
Éditions Fayard 2007

 

Les biocarburants sont une formidable trouvaille mais pour qui ? Dans le monde entier, usines et raffineries poussent comme des champignons. Le blé, le colza, le tournesol chez nous, le palmier à huile, la canne à sucre, le soja ou le maïs dans les pays du Sud servent désormais à remplacer le pétrole. De fabuleux végétaux, utilisés depuis les débuts de l’agriculture pour nourrir les hommes, remplissent aujourd’hui les réservoirs des automobiles et des camions.

Fabrice Nicolino a décidé d’écrire sur le sujet un pamphlet, d’envoyer un coup de poing à ceux qui prétendent que ce bouleversement est une bonne nouvelle, mais aussi aux naïfs qui croient le discours officiel sur ces nouveaux carburants présentés comme «écologiques ». Car la réalité est aux antipodes. Ces biocarburants contribuent et contribueront toujours plus au dérèglement climatique, comme le montrent de très nombreuses études.

En France, le lobby de l’agriculture industrielle, activement soutenu par l’État, cherche depuis la réforme européenne de 1992 de nouveaux débouchés pour ses productions de masse. Le boom des biocarburants relance aussi la machine à engrais et à pesticides, et il détruira bientôt ces réservoirs de biodiversité imposés que sont les « jachères ».

Ailleurs dans le monde, c’est bien pire. De l’Indonésie au Brésil, en passant par le Cameroun, les rares forêts tropicales intactes sont dévastées pour laisser la place à ces nouvelles cultures. La demande indécente des régions du nord de l’hémisphère, qui veut continuer à rouler en bagnole quoi qu’il en coûte, fait exploser le prix de certains produits de base : dans un monde qui compte près d’un milliard d’affamés permanents, le système industriel préfère donc l’automobile au droit pourtant imprescriptible de manger à sa faim.

Ce petit livre dévoile une mystification totale et dénonce ses profiteurs, plus nombreux qu’on croit. Car derrière l’automobile individuelle, il y a la plupart d’entre nous.

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