Abeilles / Agriculture et Pesticides

Les experts attestent de la dangerosité des néonicotinoïdes pour tout lʼécosystème

Des experts indépendants mettent en garde la Commission européenne contre la dangerosité des pesticides néonicotinoïdes pour tout lʼécosystème, et pas uniquement pour les abeilles. Ils soulignent le caractère antagoniste de leur usage avec les solutions agricoles plus écologiques promues par lʼUnion européenne.

Date : 15 avril 2015

Treize chercheurs réunis au sein de lʼEASAC (association européenne des différentes Académies des Sciences nationales) ont examiné plus dʼune centaine dʼétudes récentes et indépendantes relatives à lʼimpact des néonicotinoïdes sur lʼécosystème. Le rapport, présenté lundi à Bruxelles, souligne les « effets négatifs graves » de ces pesticides neurotoxiques sur des organismes non-ciblés, et pas uniquement les abeilles.

Dʼaprès les chercheurs, preuve est faite que même dʼinfimes quantités de néonicotinoïdes peuvent être nocives pour ces organismes – oiseaux, papillons, abeilles sauvages, mouches, lombrics… – qui rendent des services importants à lʼagriculture. Ils soulignent le caractère antagoniste de leur usage avec les principes de la Protection intégrée des cultures (PIC), adoptés par l’Union Européenne en 2009, qui impose notamment que les pesticides ne soient employés quʼen cas d’attaque constatée, en quantité minimale et proportionnée à la réalité de l’attaque, en utilisant des produits ciblés et non persistants.

Le rapport a été commandé par la Commission européenne alors quʼelle doit réévaluer cette année le moratoire sur les néonicotinoïdes voté en 2013, qui nʼinterdit que trois substances (clothianidine, imidaclopride et thiametoxam) sur les sept existantes, et seulement sur certaines périodes de lʼannée. Or les néonicotinoïdes représentent aujourdʼhui encore le type dʼinsecticide le plus utilisé en Europe, dont plus de 80% pour les grandes cultures… Ils sont utilisés de façon systématique (quʼil y ait ou non présence de ravageurs) puisquʼils sont vendus généralement sous forme de semences enrobées.

Par ailleurs, les conclusions de cette étude voient le jour au moment où les députés français adoptent, le 19 mars dernier, lʼamendement « Stop Néonics » au projet de loi Biodiversité, qui interdit les néonicotinoïdes à partir du 1er janvier 2016. Le large consensus qui se dégage parmi les scientifiques indépendants trouve enfin un écho au sein de la classe politique pour interdire ces pesticides toxiques.

Notre mouvement citoyen appelle lʼUnion européenne à voter un moratoire total sur les néonicotinoïdes et à prendre les mesures nécessaires pour que soient enfin appliqués en Europe les principes de la PIC adoptés par l’Union européenne elle-même dès 2009.