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POLLINIS présente une pétition au
Parlement européen sur les fongicides SDHI

POLLINIS est co-pétitionnaires avec des chercheurs de l’Inserm, l'INRA et du CNRS d'une pétition au Parlement européen pour demander une réévaluation des pesticides SDHI. Plusieurs études scientifiques montrent que les tests réglementaires ne permettent pas de conclure à une absence de risque pour l’Homme et les insectes pollinisateurs.

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Date : 4 juin 2019

Résumé :

Cette pétition répond à une double préoccupation : d’une part, celle d’un groupe de scientifiques de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), amenés en 2018 à s’inquiéter de l’usage, extensif, depuis le milieu des années 2000, des fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase – SDH) Les substances actives SDHI actuellement autorisées sur le marché de l’Union européenne sont les suivantes :
Benzovindiflupyr, approuvée le 2 mars 2016 jusqu’au 2 mars 2023 ;
Bixafen, approuvée le 1 octobre 2013 jusqu’au 30 septembre 2023 ;
Boscalid, approuvée le 1 août 2008 jusqu’au 31 juillet 2019 ;
Carboxin, approuvée le 1er juin 2011 jusqu’au 31 mai 2021;
Fluopyram, approuvée le 1er février 2014 jusqu’au 31 janvier 2024 ;
Flutolanil, approuvée le 1er mars 2009 jusqu’au 28 février 2019 ;
Fluxapyroxad, approuvée le 1er janvier 2013 jusqu’au 31 décembre 2022.
, et de leur impact tant sur la santé humaine que sur les écosystèmes ; d’autre part, celle des citoyens représentés par POLLINIS, association sans but lucratif pour la protection de la biodiversité, qui travaille à identifier les facteurs susceptibles de contribuer à l’effondrement des populations de pollinisateurs en France et en Europe (ci-après « les pétitionnaires »).

Les SDHI ont la propriété de bloquer la respiration cellulaire des champignons mais, au regard de leur mode d’action non-spécifique (blocage de l’activité d’une enzyme essentielle présente chez tous les organismes vivants possédant des mitochondries), ils sont susceptibles d’avoir une action délétère sur la plupart des organismes vivants exposés, selon les doses et le temps d’exposition.

L’évaluation réglementaire de ces substances conclut à une absence de risque inacceptable. Néanmoins, l’analyse de la littérature scientifique suggère que les tests menés ne sont pas adaptés au mécanisme d’action propre aux SDHI. Les pétitionnaires interpellent donc le Parlement européen sur l’urgence de ré-évaluer l’impact de ces substances sur la santé humaine, les écosystèmes et les insectes pollinisateurs avec des tests adaptés, définis sur la base de l’état actuel des connaissances scientifiques et techniques, comme prévu par le cadre réglementaire relatif à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques (règlement (CE) n°1107/2009, article 4, paragraphe 1).

LIEN VERS LA PÉTITION