Abeilles / Agriculture et Pesticides

pseudo-interdiction : POLLINIS DÉMASQUE LE PLAN ANTI-ABEILLES DES LOBBYS AGRO-CHIMIQUES

Alors que la Commission européenne annonçait au printemps 2013 l’interdiction de trois types de néonicotinoïdes pour une durée de deux ans, POLLINIS a mené l’enquête et découvert que cette pseudo-interdiction ne porte que sur une partie de l’année et n’aurait aucun effet sur les abeilles, une information diffusée à plus de 2,6 millions de personnes.

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Date : 7 juin 2013
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Après des mois de lutte de POLLINIS et des rassemblements de citoyens et d’apiculteurs pour faire interdire les néonicotinoïdes en Europe, en mai 2013, coup de théâtre : la Commission européenne annonce l’interdiction de trois pesticides parmi les plus toxiques pour les pollinisateurs -le Thiametoxam, la Clothianidine et l’Imidaclopride- et ce pour une durée-test de deux ans à l’issue de laquelle les autorités sanitaires contrôleront si l’interdiction a mis un terme au massacre des abeilles, et s’il faut ou non interdire définitivement les néonicotinoïdes.

Les associations écologistes crient victoire et baissent la garde, se réjouissant de cette interdiction. Mais l’équipe de POLLINIS, de son côté, reste sceptique : comment se fait-il que les lobbys agro-chimiques, qui n’hésitent habituellement pas à employer tous les moyens pour obtenir gain de cause, se soient-ils laissé faire si facilement ?

En étudiant en détail le texte proposé par la Commission européenne, POLLINIS découvre alors que la pseudo-interdiction ne porte que sur une partie de l’année : de janvier à juin pour les céréales, et pendant la floraison pour les fruits, les légumes et les herbes.

Or, de nombreuses études ont montré que ces substances ultra-toxiques peuvent rester présentes dans le sol jusqu’à trois ans après le traitement, et que les cultures non-traitées replantées sur le même terrain révèlent des traces de néonicotinoïdes jusque dans leur pollen… que viennent ensuite butiner les abeilles !

Cette “pseudo-interdiction” partielle n’aura donc aucun effet sur le déclin des pollinisateurs. Pendant les deux années de soi-disant “interdiction”, les firmes agro-chimiques pourront continuer à réaliser des milliards d’euros de bénéfices grâce à la vente de leurs pesticides… Et à l’issue des deux années “test”, les multinationales pourront clamer que les abeilles continuent d’être décimées malgré la soi-disant interdiction de leurs produits, et qu’elles n’y sont pour rien. Elles auront réussi à blanchir leurs pesticides et à maintenir leurs profits – et pour longtemps !

Pour contrer le plan des lobbys agro-chimiques, POLLINIS lance alors immédiatement une vaste campagne de mobilisation à travers l’Europe. L’association réussit à alerter plus de 2,6 millions d’Européens sur le danger de cette décision de la Commission européenne, en attirant l’attention sur le fait que les qualités bien particulières des néonicotinoïdes – toxicité et rémanence importante dans le sol et les eaux – rendent toute interdiction partielle inopérante sur la santé des abeilles et autres pollinisateurs. Dans le même temps, sa pétition  à la Commission Européenne pour une interdiction RÉELLE des pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles est signée par plus de 600 000 personnes, une mobilisation exceptionnelle !