Sondage forçage génétique : POLLINIS interroge les citoyens européens

POLLINIS, en partenariat avec d’autres associations européennes, a commandé un sondage mené dans huit pays d’Europe pour connaître l’avis des citoyens sur la potentielle dissémination dans la nature d’organismes génétiquement modifiés par cette technique. Le résultat est sans appel.

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Date : 27 janvier 2021

Le consensus est clair : les citoyens européens sont opposés à la dissémination d’OGM issus du forçage génétique dans la nature et doivent être mieux informés sur ce sujet. C’est le résultat d’un sondage commandé par POLLINIS et deux autres organisations françaises – OGM Danger et France Nature Environnement – aux côtés de dix associations européennes. Le sondage, conduit par l’institut international YouGov, a été mené auprès d’un échantillon de près de 9 000 personnes dans huit pays d’Europe : Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Bulgarie, Danemark et Suède. 

Ce premier sondage d’opinion sur le forçage génétique montre une forte opposition (de 46 % à 70 % selon les pays) à la dissémination d’organismes modifiés par cette technologie, quand seuls 7 % à 16 % des personnes interrogées se déclarent pour.  Les réticences sont les plus élevées en France (70 %), en Bulgarie (69 %) et en Espagne (66 %). 

Un besoin d’information

De manière générale, les citoyens interrogés pour le sondage s’estiment mal informés sur ce sujet. Pourtant, l’enjeu est de taille : avec le forçage génétique, des firmes du secteur de la biotechnologie peuvent modifier le génome d’être vivants et, surtout, leur permettre de transmettre ces changements à l’ensemble de leur descendance. En outrepassant les lois de la sélection naturelle, elles pourraient ainsi parvenir à modifier ou éradiquer des populations d’animaux, voire des espèces entières, en quelques générations et de manière potentiellement irréversible. Cette nouvelle technique de manipulation du vivant présente des risques identifiés et documentés et de nombreux scientifiques s’inquiètent des risques encore inconnus et imprévisibles de cette nouvelle technologie, liés à l’impossibilité de simuler en laboratoire la complexité infinie des interactions qui régissent la nature. 

Aussi, une grande majorité des personnes interrogées (65 % à 82 %) est favorable au report des premières disséminations d’organismes issus du forçage génétique, jusqu’à ce qu’il soit scientifiquement prouvé que leur déploiement ne causera du tort ni à la biodiversité, ni à la santé humaine, à l’agriculture ou à la paix. Une majorité équivalente (61 % à 85 %) estime qu’un consensus mondial devrait être requis avant toute autorisation de dissémination d’êtres génétiquement forcés dans la nature.

La nécessité d’un débat public 

A ce jour, aucun débat politique ou citoyen n’a encore eu lieu sur cette question fondamentale pour l’avenir des espèces et de la biodiversité, alors même que les premières disséminations d’insectes issus du forçage génétique sont prévues au Burkina Faso dans les années à venir. Or, les informations sur les dangers et les conséquences d’une telle démarche sont encore trop parcellaires pour que la préservation de la biodiversité et la sécurité de tous soit assurées. 

Afin d’alerter l’opinion publique et de mobiliser les gouvernements sur les dangers qu’implique la nouvelle technologie du forçage génétique, POLLINIS a formé la coalition européenne “Stop Gene Drives” aux côtés d’autres associations européennesWeMove Europe, Save Our Seeds (Allemagne), Skiftet (Suède), France Nature Environnement (FNE) (France), POLLINIS (France), OGM Dangers (France), Bund für Umwelt und Naturschutz (BUND) (Allemagne), Deutscher Naturschutzring (DNR) (Allemagne), Umweltinstitut München (Allemagne), Za Zemiata (Bulgarie).. Cette coalition a lancé une pétition demandant à la Commission européenne d’interdire la dissémination d’êtres génétiquement forcés dans la nature et de travailler à la mise en place d’un moratoire mondial qui sera présenté à la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 15) prévue à l’automne 2021 à Kunming, en Chine. Pour l’instant, cette pétition a recueilli plus de 260 000 signatures à travers l’Europe. 

Par ailleurs, POLLINIS défendra le principe de précaution lors du prochain Congrès mondial de la nature organisé par l’UICN en France en septembre 2021, à l’issue duquel ses membres définiront une position commune quant à l’intérêt de ces organismes forcés comme solution pour enrayer le déclin de la biodiversité. 

Voir les résultats du sondage