Agriculture et Pesticides

76 ONG demandent un système statistique transparent sur l’utilisation des pesticides

Alors que la réforme du règlement sur les statistiques agricoles se poursuit, 76 organisations de différents pays européens – dont POLLINIS – demandent au gouvernement français et aux institutions européennes des engagements fermes en matière de données sur l'utilisation des pesticides.

Date : 30 mai 2022

Dans une lettre ouverte, 76 organisations de pays européens, dont POLLINIS, s’inquiètent de la tournure prise par les négociations de la réforme des statistiques agricoles. Cette réforme au niveau européen est d’une importance capitale puisqu’elle définira quels types de données seront disponibles pour mesurer les avancées vers des pratiques d’agriculture durable.

Le texte en cours de discussion souffre actuellement de sérieuses lacunes, qui compromettent l’efficacité et la transparence de cette future base de données, outil indispensable pour évaluer les progrès vers une réduction de l’utilisation des pesticides à l’échelle européenne.

Alors que l’Union européenne s’est fixé l’ambitieux objectif de réduire de 50% l’utilisation des pesticides en agriculture d’ici 2030, les négociations en cours soulèvent plusieurs inquiétudes. Le texte proposé prévoit ainsi que les données ne seraient pas collectées avant 2028, soit dans six ans. Pendant ce temps, « des dommages irréversibles sur la santé des personnes et la biodiversité ne manqueront pas de se produire en raison d’une exposition aux pesticides hors de contrôle », dénoncent les organisations.

La collecte des données pourrait même ne jamais être mise en œuvre, car elle doit reposer sur un format numérique unique, qui sera décidé dans une procédure distincte, sans qu’aucune contrainte de temps n’ait été fixée pour son élaboration.

Le texte de compromis reste par ailleurs flou concernant le niveau de détails des données à fournir sur l’utilisation et les ventes de pesticides,  en n’offrant pas la certitude qu’elles seront publiées par substance active, conformément aux règles d’accès aux informations environnementales.

Adopté en l’état, ce texte conduirait donc à une réforme peu ambitieuse : les données collectées sur les pesticides seraient « trop peu nombreuses et trop tardives, avec une incertitude préoccupante quant à ce qui sera effectivement publié

Les organisations demandent donc aux négociateurs de :

  • Raccourcir la période de transition pour la première collecte numérique de tous les dossiers des agriculteurs pour toutes les cultures – jusqu’en 2025 ;
  • Rendre obligatoire la collecte annuelle des registres des agriculteurs ;
  • D’adopter le format électronique harmonisé des registres des agriculteurs avant le 1er janvier 2023.

Ces demandes font suite à une première lettre ouverte envoyée en février, dans laquelle les organisation avaient déjà exprimé leurs préoccupations.

ll est urgent que l’Europe se dote enfin d’une base de données publiques précises  permettant de savoir quels produits sont utilisés, dans quelles zones et en quelles quantités.


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