Pesticides / Justice pour le vivant
Justice pour le Vivant : les associations demandent au Premier ministre de revoir l’autorisation de 300 pesticides
Dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu, les associations du recours Justice pour le Vivant proposent au gouvernement une liste de substances actives à réévaluer d’urgence. Aujourd’hui, près de 300 pesticides contenant ces substances, destructrices pour les pollinisateurs et la biodiversité, sont commercialisés en France. La décision rendue par la cour administrative d’appel de Paris le 3 septembre impose la révision de leur autorisation de mise sur le marché.
Le 3 septembre 2025, la cour administrative d’appel de Paris rendait une décision historique dans l’affaire Justice pour le Vivant, en reconnaissant la défaillance des protocoles d’évaluation des risques des pesticides et en exigeant le réexamen des autorisations de mise sur le marché des produits délivrées en suivant ce protocole insuffisant.
Un mois plus tard, les associations à l’origine du recours en justice – Notre Affaire à Tous, Biodiversité sous nos pieds et POLLINIS – adressent une lettre au Premier ministre, pour demander l’application de cette décision. En annexe de ce courrier, les ONG formulent une liste de 18 substances actives à réévaluer en priorité : 7 fongicides, 6 insecticides et 5 herbicides.
Découvrez en détail les 18 substances actives à réévaluer, en annexe du courrier
Glyphosate, prosulfocarbe, boscalid… : des substances hautement toxiques à réévaluer d’urgence
Cette liste, réalisée par l’équipe scientifique de POLLINIS, réunit des substances combinant plusieurs effets sublétaux (perturbateur endocrinien, dommages chroniques, cancérigène, neurotoxicité…) avérés sur les espèces non-ciblées par le pesticide, aussi bien les pollinisateurs que d’autres organismes, y compris les êtres humains.
Le collectif Justice pour le Vivant exige, par exemple, une nouvelle évaluation pour toute une famille de fongicides – les SDHI – très répandus dans les champs français pour lutter contre les moisissures. Depuis de longues années, POLLINIS dénonce la forte toxicité de ces produits pour les pollinisateurs, et notamment celle du boscalid, fréquemment retrouvé dans les ruches et responsable d’une hausse de la mortalité chez les abeilles.
Plusieurs substances identifiées figurent également parmi les plus commercialisées en France. Ainsi, les associations demandent par exemple le réexamen de l’autorisation du prosulfocarbe et du glyphosate, les deux herbicides les plus vendus sur le territoire.
En attente de ce réexamen, les autorisations de mise sur le marché des plus de 286 pesticides commercialisés en France contenant ces substances doivent être immédiatement suspendues, demandent les associations.