Agriculture et Pesticides

La pétition de POLLINIS sur les dangers des SDHI revient à l’agenda européen

La commission des pétitions du Parlement européen va de nouveau examiner la pétition sur les dangers des SDHI, déposée par POLLINIS et deux scientifiques, Paule Bénit et Pierre Rustin. Une nouvelle étape pour faire entendre l’alerte sanitaire lancée depuis 2018 sur ces substances phares de l’agrochimie.

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Date : 2 mars 2022
Commission des pétitions du Parlement européen

Après un premier examen en septembre 2020, la pétition de POLLINIS et de deux scientifiques demandant un moratoire et une réévaluation des dangereux fongicides SDHI revient sur la table des eurodéputés de la commission des pétitions (PETI) le 15 mars 2022.

Ce nouveau rendez-vous politique devant la commission parlementaire responsable de l’examen des plaintes et requêtes des citoyens sur les questions relevant des compétences de l’Union européenne – telles que l’environnement – intervient 18 mois après un premier examen. Cette revue avait abouti à une première salve de recommandations de la part des élus européens, comprenant notamment la transmission de la pétition à  l’autorité sanitaire européenne (EFSA), ainsi qu’aux États membres.

En septembre 2020, la responsable du pôle « pesticides » de POLLINIS, Barbara Berardi, et le chercheur Pierre Rustin, directeur de recherche au CNRS/Inserm, avaient exposé aux élus européens la sévérité des risques potentiels posés par les molécules SDHI pour l’environnement et la santé humaine.

Déversées en quantités industrielles dans les cultures européennes pour éliminer champignons et moisissures, les molécules SDHI agissent sur la chaîne respiratoire des cellules via un mode d’action particulier. En inhibant une enzyme essentielle à ce processus, la SDH ou succinate déshydrogénase, ces substances peuvent potentiellement bloquer la respiration cellulaire de nombreux organismes vivants.

Cette toxicité qui affecte de nombreux organismes « non-ciblés », tels que les cellules humaines, les cellules des vers de terre et des abeilles, a pu être mise en évidence in vitro par Pierre Rustin et Paule Bénit, ingénieure de recherche à l’Inserm, dans une étude publiée dans la revue PlosOne en 2019.

Des effets sur les organismes « non ciblés »

Les eurodéputés et le représentant de la Commission européenne présents lors des débats avaient reconnu « partager les inquiétudes » soulevées par la pétition, notamment concernant les impacts sur les organismes «non ciblés». Mais si la pétition était restée ouverte – une façon de conserver le sujet à l’agenda européen – aucune mesure d’urgence n’a depuis été prise tant au niveau français qu’européen.

Alors que nombre de renouvellements d’autorisations pour les substances SDHI ciblées par la pétition sont actuellement en cours, ou arriveront prochainement, le réexamen de la pétition de POLLINIS constitue une occasion de rappeler l’urgence de l’interdiction des SDHI, toujours massivement utilisés en agriculture en dépit de leur dangerosité avérée par de nombreuse études scientifiques nouvelles depuis 2019.

« Les données nouvelles qui s’accumulent montrent qu’un blocage même très faible de la chaîne respiratoire provoqué par les SDHI peut entraîner des effets spectaculaires sur les cellules », met en garde le chercheur Pierre Rustin.

POLLINIS espère maintenant mobiliser les eurodéputés afin de susciter un débat plus large au sein du Parlement européen sur les failles du système d’évaluation des pesticides, afin d’aboutir à une mise à jour scientifique des protocoles qui ont échoué à prévenir la mise sur le marché des SDHI.


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