Pesticides
POLLINIS demande solennellement le retrait du projet de règlement omnibus sur la sécurité des aliments
Ce mardi 16 décembre, la Commission européenne s'apprête à présenter officiellement son texte omnibus sur la sécurité des aliments. Dans un courrier adressé à Mme Ursula VON DER LEYEN, Présidente de la Commission européenne, POLLINIS, accompagnée d'organisations de protection de l’environnement, de la santé publique, de paysans, des associations de patients, a fait part de sa profonde inquiétude face aux principales mesures du texte.
Sous l’influence des lobbys de l’agrochimie, le projet de règlement omnibus VII, qui organise la dérégulation du marché des pesticides, sera présenté aujourd’hui par la Commission européenne. S’il est adopté sans modification par rapport à la version qui a fuité, ce texte entraînera une perte de souveraineté des Etats membres et les empêchera de prendre en compte les dernières avancées scientifiques dans leurs décisions, ce qui remettra de fait en cause leur capacité à protéger la biodiversité et la santé des européens.
Notre demande est soutenue par une pétition citoyenne qui a déjà recueilli plus de 70 000 signatures en trois jours.
Concrètement, nous appelons les membres de la Commission européenne à écarter dès à présent les mesures les plus néfastes du texte :
- La suppression de la révision périodique de l’autorisation des substances actives
- La limitation de la prise en compte des connaissances scientifiques
- L’extension des délais de grâce
- La dérégulation générale des produits de biocontrôle, ainsi qu’une définition trop large de ces produits
De manière générale, nous sommes convaincus que ce texte comporte des menaces structurelles pour la santé des citoyens, agriculteurs comme consommateurs, et pour la biodiversité.
La proposition est présentée sans étude d’impact et apparaît disproportionnée au regard de l’objectif annoncé de simplification. Elle contredit l’objectif de maintenir un haut niveau de protection fondé sur le principe de précaution. Sans garanties sur les risques, ce n’est pas une simplification, mais une dérégulation.
Joséphine Dubois, chargée de campagnes pesticides chez POLLINIS prévient: « La Commission européenne nous fait croire à une simplification administrative alors que ce texte représente en fait un point de bascule pour le Vivant.. Tout va se jouer dans les prochaines heures, lorsque les commissaires européens vont s’accorder sur la version définitive de l’omnibus sur la sécurité des aliments. Il est indispensable de réagir immédiatement et d’écarter dès à présent les mesures les plus néfastes du texte. Ne laissons pas les lobbys réussir à revenir sur une réglementation de pesticides qui a mis des décennies à être construite dans l’objectif de protéger les agriculteurs, les consommateurs et la biodiversité. »
Les profits de quelques groupes industriels ne doivent pas l’emporter sur les coûts, parfois irréversibles et souvent inestimables, portés par la collectivité : pollutions, perte de biodiversité, ou encore réduction de l’espérance de vie des agriculteurs.
Les solutions existent et doivent être soutenues, dans le cadre de politiques publiques cohérentes et efficaces. Plus que jamais, nous demandons à la Commission de reprendre le travail de fond pour enclencher une sortie progressive des pesticides, notamment en finançant la recherche en agroécologie et en réformant la PAC pour accompagner les agriculteurs.