Conserver les pollinisateurs
Rapport : Plus d’un tiers des réserves naturelles testées par POLLINIS sont contaminées aux pesticides
Depuis 2024, les équipes de POLLINIS parcourent les réserves naturelles de France, pour prélever des échantillons de sol et de fleurs et analyser leur contamination aux pesticides. Dans un rapport, l’ONG dévoile les résultats édifiants de ces collectes : plus d’un tiers des réserves testées contiennent au moins un échantillon contaminé. Plusieurs pesticides retrouvés présentent des dangers pour les pollinisateurs, mais aussi pour la santé humaine. Certains prélèvements révèlent même des traces de pesticides interdits en Europe.
Les réserves naturelles françaises, particulièrement préservées en raison des fragiles écosystèmes qu’elles abritent, ne sont pas exemptes de pollutions chimiques. Pendant deux ans, POLLINIS a collecté près de 200 échantillons de sol et de fleurs dans 17 réserves naturelles régionales ou nationales, pour mesurer leur contamination aux pesticides.
En juin 2025, l’ONG publiait un rapport d’étape de ce projet, qui faisait déjà état de contaminations à 19 pesticides différents dans 4 des 14 réserves testées. Six mois plus tard, après de nouvelles collectes et analyses suivant le même protocole dans trois réserves supplémentaires, POLLINIS actualise ses données dans un nouveau rapport.
Ce nouveau document vient consolider le même constat : en dépit de leur protection, plusieurs réserves naturelles françaises sont contaminées par les pesticides. Sur les 17 espaces testés, plus d’un tiers contiennent au moins un échantillon de sol ou de fleur polluée. Des résidus de 47 substances différentes ont été retrouvés dans ces prélèvements.
Nombre de ces substances présentent par ailleurs des effets mortels pour les mammifères, les poissons et les insectes. Ainsi, 4 pesticides retrouvés sont considérés comme hautement toxiques pour les abeilles. D’autres présentent des effets sublétaux (reprotoxicité, perturbation endocrinienne…) pour les humains. Plus consternant encore, six pesticides détectés dans les réserves et leurs abords sont aujourd’hui interdits dans l’Union européenne pour un usage agricole.