Les pesticides génétiques ARNi, nouvelle arme de l'agrochimie contre le Vivant

Le contexte

Les études scientifiques s’accumulent pour alerter sur le rôle majeur des pesticides chimiques dans l’extinction des pollinisateurs1 et de l’ensemble du Vivant2 . Pour les firmes de l’agrochimie, commercialiser des produits présentés comme des alternatives à ces substances toxiques devient donc un impératif, pour protéger leurs intérêts aussi bien sur le plan économique que juridique.

Parmi les produits développés figure une toute nouvelle catégorie de pesticides, basés sur la technologie génétique de l’interférence ARN (ou ARNi). Ces pesticides agissent directement sur l’expression des gènes des organismes : l’absorption du pesticide introduit un ARN interférent dans les cellules, capable d’empêcher la fabrication de protéines essentielles à la vie de l’espèce ciblée. Aujourd’hui, ce mode d’action est principalement développé pour être utilisé dans des pesticides en spray directement pulvérisés dans les champs, ou dans des plantes génétiquement modifiées.

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Le problème

L’interférence ARN est un mécanisme naturellement présent chez de nombreux organismes, pour réguler leurs propres gènes ou encore se défendre de virus. En détournant ce mécanisme pour qu’il fonctionne contre les insectes eux-mêmes, l’industrie agrochimique estime utiliser une méthode « naturelle ». Autre qualité revendiquée par les fabricants : grâce à la technologie génétique utilisée, ces nouveaux pesticides ne s’attaqueraient qu’aux espèces nuisibles visées par le produit, sans conséquences sur d’autres organismes non-ciblés, à l’image des pollinisateurs et autres auxiliaires des cultures. Un message marketing martelé par les firmes pour se distancier de l’image des pesticides chimiques.

Mais derrière ce discours de façade, la réalité est tout autre : les effets des pesticides ARNi sur la biodiversité et la santé restent très largement inconnus. Les données disponibles à ce jour, pour les produits déjà commercialisés ou en cours d’évaluation par les autorités sanitaires, proviennent exclusivement de recherches menées par l’industrie elle-même. Aucune évaluation complète, indépendante et adaptée aux spécificités du mode d’action de ces pesticides n’a encore été publiée.

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Les solutions

Considérant les risques potentiels que les pesticides ARNi font peser sur l’ensemble du Vivant, POLLINIS exige, au nom du principe de précaution, un moratoire immédiat sur toutes les procédures d’autorisations de pesticides génétiques dans l’Union européenne, tant qu’un cadre réglementaire adapté à leur mode d’action spécifique n’aura pas été mis en œuvre. Cette première demande est capitale, car le cadre réglementaire actuellement en vigueur pour évaluer les risques de ces substances – le règlement 1107/2009 – est conçu pour les pesticides chimiques. Or, les pesticides génétiques reposent sur des modes d’action bien différents.

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à la une

Toutes nos Actus sur ce thème
17 octobre 2025

POLLINIS répond à la consultation publique de l’EFSA concernant la demande d’autorisation du Ledprona, une substance active à base d’ARN interférant, en Europe. En l’absence de cadre règlementaire défini et d’évaluation complète et fiable des risques de ces pesticides génétiques, POLLINIS demande à l’UE de refuser leur commercialisation.

7 décembre 2023

POLLINIS publie son enquête en quatre volets sur les pesticides ARNi.

9 décembre 2022

A l’initiative de POLLINIS, plus de 100 scientifiques, experts et organisations du monde entier lancent un appel contre la diffusion de biotechnologies génétiques dangereuses pour les pollinisateurs.

5 décembre 2022

POLLINIS lance une demande de moratoire mondial sur les organismes issus des nouvelles biotechniques génétiques, soutenue par une pétition citoyenne ainsi qu’un appel signé par plus de 80 scientifiques et experts.