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Appel scientifique : 100 signataires lancent l’alerte sur les dangers des biotechnologies

Date : 9 décembre 2022

press release in englishLIRE L’APPEL COMPLET (EN ANGLAIS) / READ THE COMPLETE APPEAL

100 scientifiques, experts et organisations** du monde entier se sont mobilisés pour alerter les décideurs internationaux sur les dangers des biotechnologies génétiques pour les pollinisateurs, dont le déclin actuel menace l’équilibre de l’ensemble des écosystèmes et la sécurité alimentaire mondiale.

Des scientifiques de renom dans les domaines de la biologie moléculaire, de la génétique, de l’écologie des pollinisateurs et de l’agroécologie, ainsi que des experts de la protection des pollinisateurs, de l’environnement, de la conservation et des apiculteurs lancent un appel inédit adressé aux représentants des pays rassemblés à la COP15 Biodiversité. Afin de protéger les insectes pollinisateurs, indispensables à la production de 76 % des principales cultures vivrières mondiales, les signataires de cet appel scientifique demandent :

  • D’appliquer strictement le principe de précaution (tel que défini par les Nations Unies) ;
  • De s’opposer à la dissémination dans la nature de produits, de composants et d’organismes obtenus par le biais des biotechnologies génétiques, tels que les molécules issues du silençage génétique et les organismes issus du forçage génétique.

Parmi les signataires figurent notamment le spécialiste de l’agroécologie et de la pollinisation Lucas Garibaldi, le biologiste Dave Goulson ou encore le spécialiste mondial des abeilles Thomas Seeley.

Développées par les firmes de l’agrochimie notamment pour remplacer les pesticides chimiques dans les champs, ces nouvelles méthodes de génie génétique permettent par exemple de désactiver certaines fonctions vitales chez les insectes considérés comme nuisibles, en ciblant l’expression de leurs gènes par interférence ARN, grâce à la technique du silençage génétique. Aboutissement extrême et controversé de ces nouvelles techniques, le forçage génétique permet quant à lui d’introduire un gène chez une espèce, en  forçant sa transmission systématique à sa descendance. En transmettant un gène d’extinction (infertilité), le forçage génétique peut ainsi induire la disparition de toute une espèce en quelques générations.

Le développement des applications agricoles du forçage génétique se sont multipliées ces dernières années. Aujourd’hui, 21 insectes ravageurs des cultures font l’objet de recherches ciblées, et plusieurs demandes de brevets ont été déposées par des firmes. L’application agricole du silençage génétique (via des plantes, bactéries ou virus génétiquement modifiés, ou par spray) est encore plus avancée puisque certaines applications ont déjà été approuvées aux États-Unis ou au Canada.

Alors que l’arrivée dans les champs de ces pesticides d’un nouveau genre est activement préparée, leurs effets potentiels sur les pollinisateurs et l’ensemble du vivant demeurent méconnus et peu étudiés. Les premières études scientifiques indépendantes pointent cependant des risques d’effets létaux sur des insectes non-ciblés, lorsque ceux-ci partagent un gène similaire avec les espèces nuisibles ciblées.

Pourtant, il est aujourd’hui  « envisagé d’ouvrir la voie à la dissémination potentielle d’organismes ou de produits obtenus grâce aux biotechnologies génétiques », s’alarment les signataires, qui rappellent que « toutes ces applications,[…] comportent des risques non étudiés qui pourraient accélérer le déclin des populations de pollinisateurs et mettre en danger l’ensemble des chaînes alimentaires ».