Biodiversité : POLLINIS alerte sur le dévoiement des négociations de la COP15

À l’approche de la COP15 sur la biodiversité, POLLINIS et 40 associations mettent en garde contre la mise en place d'un groupe de travail informel qui pourrait détricoter les quelques avancées obtenues pour stopper la destruction des écosystèmes. Les organisations réclament la mise en œuvre de garde-fous pour assurer la transparence des négociations.

Date : 3 octobre 2022

Le projet de cadre mondial visant à empêcher la destruction des écosystèmes doit être adopté lors de la 15e conférence mondiale sur la biodiversité (COP15) à Montréal, qui se déroulera du 7 au 19 décembre à Montréal.

Alors que les discussions entrent dans la dernière ligne droite, un « groupe de travail informel », composé de membres dont l’identité n’a pas été rendue publique, a été chargé de revoir en amont de la réunion de Montréal le cadre mondial pour la biodiversité après 2020. Un processus inhabituel et opaque, qui risque d’effacer les rares avancées obtenues pour garantir un texte réellement protecteur de la biodiversité.

Dans un courrier adressé le 19 septembre à certains responsables de la Convention pour la diversité biologiqueLe courrier a été adressé aux coprésidents du Groupe de travail à composition non limitée (GTCNL), au Bureau et à la secrétaire exécutive de la Convention pour la Diversité Biologique, Elizabeth Maruma Mrema., POLLINIS et une quarantaine d’organisations ont plaidé contre ce dévoiement des négociations. « Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que cet « examen » […] pourrait en fait entraîner la suppression de propositions clés du texte », écrivent les organisations.

Les objectifs renégociés du traité international de la Convention sur la diversité biologique (conservation de la diversité biologique, utilisation durable de la diversité biologique et partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques) doivent être votés lors de la réunion de la COP15 de Montréal par les chefs d’État et de gouvernement du monde entier.

À l’heure actuelle, une majeure partie de ce texte qui doit fixer les objectifs internationaux de protection de la biodiversité d’ici 2030, est encore en débat, en raison de désaccords profonds qui perdurent entre des pays aux intérêts divergents voire contraires.

Sous couvert de toilettage technique, ces négociations informelles seront en réalité menées seulement par quelques représentants régionaux – à l’encontre des pratiques des instances internationales, où chaque pays dispose d’un droit égal à se joindre aux discussions. Les représentants régionaux pourraient donc amender une partie du texte sans que tous les pays parties prenantes de la Convention sur la diversité biologique n’aient voix au chapitreL’ensemble des pays membres de l’ONU participent à la Convention pour la Diversité Biologiques, à l’exception des États-Unis et du Vatican..

Pour s’assurer que ce processus parallèle n’efface pas les quelques avancées du texte, POLLINIS et ses partenaires demandent de sortir ces négociations de l’ombre en incluant des représentants de la société civile et d’ONG, et en prévoyant une diffusion en direct de discussions du groupe de travail.

Pour l’heure, la réponse apportée le 24 septembre par les responsables de la CBD ne donne pas les gages de transparence nécessaires au bon déroulement des négociations. En proposant seulement de rendre publiques les conclusions du groupe de travail six semaines avant le début de la COP15, les coprésidents de la CBD maintiennent de facto l’opacité sur ces discussions cruciales.

POLLINIS et ses partenaires resteront mobilisés pour s’assurer que les intérêts particuliers de quelques pays n’empiètent pas sur l’indispensable protection des écosystèmes.

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