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IMPACT DES PESTICIDES SUR LES POLLINISATEURS : Vote crucial pour l’avenir des tests abeilles

Date : 22 octobre 2019

Hier soir, les eurodéputés de la commission environnement du Parlement (COM ENVI) ont décidé de s’opposer au projet de règlement de la Commission européenne qui cherche à limiter l’application des « tests abeilles ». Demain, en séance plénière, les eurodéputés décideront de l’avenir de ces protocoles de tests indispensables, qui permettraient de connaître enfin la toxicité réelle des pesticides sur les pollinisateurs avant leur mise sur le marché.

Pour rappel, les « tests abeilles » ont été établis par l’autorité sanitaire européenne (EFSA) en 2013 pour pallier aux graves et nombreuses lacunes du système d’homologation actuel qui permet que des pesticides homologués déciment les insectes comme les abeilles et les pollinisateurs sauvages. Depuis six ans, dans l’opacité la plus totale, la mise en œuvre de ces protocoles indispensables est bloquée par certains pays européens. POLLINIS dénonce l’influence manifeste de l’industrie agrochimique dans ce dossier (voir notre note de synthèse).

En juillet dernier, le comité réunissant les représentants de la Commission européenne et des ministères de l’agriculture des États membres (le SCoPAFF), a voté un texte accédant aux demandes de l’industrie agrochimique, qui reporte à une date indéterminée certains des tests parmi les plus importants, qui permettraient notamment d’évaluer la toxicité chronique des pesticides, et leur impact sur les larves, les abeilles sauvages et les bourdons. Des tests indispensables que la procédure actuelle d’homologation ne prend pas en compte…

C’est ce texte scandaleux auquel peuvent s’opposer les eurodéputés demain.

« L’agrochimie, avec la complicité des États membres et de la Commission européenne, est en train de nous priver du seul outil scientifique ambitieux et pragmatique qui permettrait d’enrayer le déclin des pollinisateurs en Europe, dénonce Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS. Il incombe désormais aux eurodéputés d’exprimer la voix des citoyens qui exigent l’adoption immédiate et intégrale des lignes directrices de l’EFSA de 2013 ».

POLLINIS a mis en place un outil permettant aux citoyens de demander directement à leurs députés européens de s’opposer au texte de la Commission. En parallèle, au sein de la BeeCoalition, qui réunit plus de 80 ONG, POLLINIS fait campagne auprès des députés européens pour qu’ils votent demain en faveur d’un veto (voir notre lettre aux eurodéputés).

Par ailleurs, POLLINIS avait saisi la Médiatrice européenne pour dénoncer le manque de transparence et le refus de la Commission de lui octroyer l’accès aux documents concernant les tractations du SCoPAFF, accès pourtant garanti par le droit européen. La Médiatrice a donné raison à l’association en mai 2019 et réprimandé la Commission pour « mauvaise administration » qui, après deux reports, doit communiquer ces documents avant le 31 octobre (voir notre saisine).

 

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