Pesticides

One Health Summit : POLLINIS et plus de 700 personnalités appellent les gouvernements à renforcer la réglementation sur les pesticides

Dans une tribune parue le 5 avril dans le journal Le Monde, POLLINIS, aux côtés de plus de 700 scientifiques et collectifs citoyens, interpelle les dirigeants européens réunis au sommet One Health. Alors que les chefs d'État se retrouvent ce 7 avril à Lyon, les signataires rappellent l’urgence d’une réforme profonde de l’évaluation des risques des pesticides pour protéger la santé humaine et celle de la biodiversité.

Date : 8 avril 2026
Tribune One Health Summit

Le 7 avril, la France a accueilli le One Health Summit. Ce sommet repose sur une approche d’”Une seule santé”, visant à faire converger les solutions pour préserver le Vivant dans sa globalité. L’occasion pour POLLINIS, et des centaines de personnalités scientifiques et politiques de s’associer pour porter un message clair publié dans le journal Le Monde : la nécessité de mettre en place une réglementation européenne ambitieuse sur la question des pesticides.

Cette demande à l’échelle européenne pourrait s’inspirer de la victoire historique obtenue lors de la décision de la cour administrative d’appel de Paris du 3 septembre 2025. Rendu dans le cadre du recours Justice pour le Vivant – porté par POLLINIS, Notre Affaire à Tous, Biodiversité sous Nos Pieds, ANPER-TOS et l’ASPAS – , cet arrêt pointe le caractère lacunaire des évaluations actuelles des pesticides par l’ANSES. La Cour enjoint désormais l’État français d’aligner les protocoles d’évaluation et d’autorisation des pesticides sur les dernières connaissances scientifiques. 

Chercheurs, scientifiques et associations telles que POLLINIS rappellent que cette rencontre est une occasion unique pour les dirigeants internationaux de mettre en œuvre une réforme ambitieuse à la hauteur des enjeux environnementaux actuels. 

Le collectif met en avant le caractère insuffisamment protecteur des protocoles utilisés sur les abeilles notamment, en rappelant qu’on ne peut pas ignorer qu’une mise à niveau est possible.

« Ce constat s’explique principalement par une évaluation des risques pour la mise sur le marché des pesticides qui reste lacunaire. Les méthodes utilisées ne prennent pas suffisamment en considération la complexité des formulations commerciales, de la contamination de l’environnement, ni celle des impacts sur le vivant. Elles ignorent des pans entiers de la connaissance scientifique. Les effets cumulatifs et combinés des mélanges de molécules ou les mécanismes héréditaires perturbant la santé des organismes sur plusieurs générations en sont quelques illustrations. Il en va de même pour l’évaluation de maladies complexes dans leur développement comme l’hyperactivité et l’autisme, ou encore de celle des effets indirects, lorsque les pesticides privent, par exemple, certains organismes de leur nourriture ou de leur habitat.

Le cas emblématique des abeilles

Ces méthodes d’évaluation évoluent au fil du temps, mais à un rythme qui reste lent et ne permet pas d’intégrer assez rapidement les avancées scientifiques. Un cas emblématique concerne les abeilles.

Plus de dix ans auront été nécessaires pour que l’EFSA, l’autorité européenne de sécurité des aliments [European Food Safety Authority, en anglais], publie, en 2023, le document guide consacré à l’évaluation des risques des pesticides pour ces organismes. Dix ans au cours desquels la science a continué d’avancer, provoquant alors un décalage entre les connaissances disponibles et celles prises en compte dans l’évaluation des risques. Conséquence de ce décalage : des substances reconnues comme dangereuses sont restées indûment autorisées, exposant les populations et les écosystèmes à des risques évitables. »

Les signataires de la tribune, dont POLLINIS fait partie, réclament un renforcement des protocoles d’évaluation des pesticides.

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