Abeilles

BEE WEEK : POLLINIS INTERVIENT À La Semaine de l’Abeille et des Pollinisateurs

À l’occasion de la 4ème édition de la Semaine Européenne de l’Abeille, qui vient d’ouvrir ses portes, POLLINIS a été sélectionnée comme ONG défendant les abeilles au niveau européen après deux années d'activisme intense à Bruxelles. Le sujet de son intervention porte sur l’importance de passer à une agriculture plus durable en Europe.

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Date : 30 septembre 2015

À partir d’aujourd’hui, POLLINIS participe à la 4ième édition de la Bee Week, La Semaine Européenne de l’Abeille et des Pollinisateurs : deux jours de conférence au Parlement européen autour de l’abeille.

À cette occasion, POLLINIS présentera son travail militant mené depuis deux ans au niveau des institutions européennes, ainsi que la nécessité d’une collaboration inter-sectorielle afin de permettre aux agriculteurs et aux apiculteurs d’échanger sur leurs problèmes et leurs besoins, et de faire comprendre les attentes de la société civile aux décideurs européens.

Ce rassemblement, organisé depuis 2012, réunit les membres du Parlement, des représentants de la Commission et les leaders des institutions européennes, des élus régionaux et nationaux ainsi que des apiculteurs, des agriculteurs, des ONG, des industriels, des scientifiques… La volonté affichée est de comprendre et agir sur les différentes causes de l’effondrement des colonies d’abeilles qui sévit en Europe et aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années.

Vaste chantier puisque le déclin des colonies d’abeilles résulte de nombreux facteurs : virus, omniprésence de pesticides, pratiques apicoles, déclin de la biodiversité, modification de l’habitat…

Après trois ans de campagnes militantes en faveur des pollinisateurs, POLLINIS souligne l’importance de l’abeille noire, espèce locale méconnue aux capacités de résistance surprenantes.

Zoom sur l’abeille noire

Invitée jeudi 1er octobre, POLLINIS reviendra sur son action militante en faveur des pollinisateurs et attirera entre autres l’attention sur l’abeille noire, espèce locale qui est présente en Europe depuis 1 million d’années. Cette abeille, qui s’est adaptées aux climats tempérés comme celui de la France, présente d’excellentes capacités de résistance : en cas de mauvais temps, par exemple, elle peut poursuivre son activité au sein de la ruche quand les autres sous-espèces sont au chômage technique. L’hiver, elle consomme ses provisions avec parcimonie, ce qui lui permet d’augmenter considérablement ses chances de survie par rapport aux autres abeilles.

L’abeille noire, objet de l’intervention de Pollinis. Photo : Thierry Vezon.

Malgré ces qualités, l’abeille noire est de moins en moins utilisée par les apiculteurs. Craignant une plus faible production de miel et son caractère nerveux, ils se sont tournés vers l’importation de sous-espèces plus productives comme l’abeille italienne, la caucasienne et la Buckfast (croisement de souches sélectionnées). Depuis 2007, on observe une nette accélération de l’hybridation génétique des abeilles en France, et donc une « altération » génétique de l’abeille noire.

L’hybridation fragilise les capacités d’adaptation de l’espèce locale et affaiblit ses défenses naturelles. A terme, l’ensemble des abeilles risque une perte d’autonomie potentiellement dramatique puisqu’elles finiront par dépendre totalement de l’homme pour survivre.

Lors de son intervention à la Bee Week, POLLINIS va notamment souligner l’intérêt patrimonial de l’abeille noire et revenir sur ses atouts écologiques. Mieux adaptée au climat et à la flore locale, elle assure une pollinisation de qualité et une production de miel régulière (ce qui peut compenser une productivité plus faible). Intérêt économique non négligeable, elle peut se passer de nourrissement en sirop de glucose pour survivre puisqu’elle n’a pas besoin d’apports complémentaires du fait de sa robustesse.

L’association présentera aussi des projets de préservation de l’abeille noire auxquels elle participe, en collaboration avec des associations de terrain, des apiculteurs et des agriculteurs. C’est le cas de la Vallée de l’Arbre aux Abeilles, dans les Cévennes. L’objectif de ce projet d’agroécologie est de restaurer un cadre de vie nourricier pour les insectes pollinisateurs via la plantation de sarrasin et d’autres plantes mellifères, et de développer un modèle économique fondé sur l’abeille noire et son environnement.

DÉTAILS PRATIQUES

Cette conférence est hébergée par le groupe de travail de l’Apiculture et de la Santé des Abeilles dirigé par la députée bulgare Madame Mariya Gabriel et organisée par l’Intergroupe du Parlement européen du Changement Climatique, Biodiversité et Développement Durable. Elle est ouverte à tous.

PROGRAMME DES DEUX JOURNÉES DE CONFÉRENCE