Agriculture et Pesticides

Dérogations pour les néonicotinoïdes : POLLINIS boycotte une réunion de l’EFSA

Date : 30 novembre 2021

Le 30 novembre 2021, l’EFSA organise une réunion pour exposer sa méthodologie sur l’évaluation de 17 dérogations fournies par 11 États membres pour l’utilisation des néonicotinoïdes sur les betteraves à sucre en 2020 et 2021. POLLINIS et PAN Europe boycotteront l’événement, car ils considèrent que l’Autorité européenne de sécurité des aliments a sciemment réalisé un travail non scientifique, loin de « l’excellence scientifique » qu’elle promeut.

Le 18 novembre, l’EFSA a publié 17 évaluations positives pour les dérogations des États membres visant à autoriser l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées aux néonicotinoïdes. Sur les centaines de dérogations fournies par les États membres pour des substances interdites, c’est seulement la deuxième fois que la Commission européenne envoie un mandat à l’EFSA pour évaluer leur validité. Pour la deuxième fois, l’EFSA a basé son travail sur un protocole défectueux qui n’est pas adapté à l’évaluation de telles dérogations.

Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS a déclaré : « En affirmant qu’il n’y avait pas d’alternatives aux néonicotinoïdes, l’EFSA valide une politique déplorable : utiliser des blocages techniques ponctuels pour maintenir le système agricole actuel, quelles qu’en soient les conséquences sur l’environnement et notre santé. L’EFSA nie que des alternatives aux pesticides existent et sont utilisées par tous les agriculteurs biologiques : ce qui manque, c’est une véritable volonté politique d’accompagner tous les agriculteurs avec un plan de transition rationnel et ambitieux sur dix ans ».

Martin Dermine, chargé de mission environnement et santé à PAN Europe a déclaré : « Il faut des décennies pour que la Commission européenne interdise une substance toxique, en raison de la mauvaise application de la législation européenne. Ensuite, les États membres continuent à les utiliser en abusant du système de dérogations ».

Nicolas Laarman, a ajouté : « Le coût réel de ces dérogations sera supporté par les citoyens européens, qui devront payer pour les effets dramatiques de ces pesticides en termes de pollution et de perte de biodiversité ».

Martin Dermine ajoute : « La Commission européenne ferme les yeux sur les centaines de dérogations qui continuent à exposer les citoyens à des substances prétendument interdites : des pesticides toxiques pour la reproduction, cancérigènes, perturbateurs endocriniens et toxiques pour les abeilles continuent à être déversés dans notre environnement, avec la bénédiction de la DG Santé et de l’EFSA. À la lumière du Green Deal européen, ceci est inadmissible ».