Abeilles

RAPPORT ANSES SUR LES FACTEURS DE STRESS CHEZ LES ABEILLES : INTERACTIONS FATALES

Dans un rapport publié le 14 septembre, L’Agence nationale de sécurité sanitaire (l’Anses) alerte sur l’impact de la co-exposition des colonies d’abeilles aux pesticides et aux agents infectieux. Elle préconise que l’Union européenne évalue l’effet de ces interactions avant d’autoriser la mise sur le marché d’un pesticide.

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Date : 25 septembre 2015
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Face à l’effondrement des colonies d’abeilles, à la baisse du nombre de ruches et d’apiculteurs et à la forte diminution de la production de miel, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a publié le 14 septembre un rapport sur les différents facteurs de stress auxquels sont soumises les abeilles dans les pays qui pratiquent une agriculture intensive comme la France, et leur rôle respectif dans les phénomènes d’affaiblissement, d’effondrement ou de mortalité des colonies d’abeilles.

Ces facteurs de stress sont nombreux : infectieux, chimiques, physiques, alimentaires, liés aux pratiques apicoles, aux conditions météorologiques, etc. L’ANSES souligne d’ailleurs le caractère multifactoriel des causes de mortalité des colonies d’abeilles, mais elle met aussi en évidence le rôle des interactions entre ces facteurs, notamment la double exposition aux pesticides et agents infectieux (virus, bactéries, parasites) dans le déterminisme de leur effondrement.

Les co-expositions étudiées sont notamment :

  • Le varroa et les virus (virus des ailes déformées DWV et virus de la famille des Dicistroviridae)
  • Les pesticides néonicotinoïdes et le champignon parasite Nosema
  • L’insecticide « fipronil » et le Nosema
  • Les pesticides néonicotinoïdes et les virus (DWV et virus de la cellule royale noire (BQCV))

Les scientifiques recommandent d’intervenir sur l’ensemble de ces facteurs de stress, notamment sur le maintien de la biodiversité et le respect des bonnes pratiques apicoles. Le rapport préconise en outre de privilégier les espèces d’abeilles locales, plus robustes et mieux adaptées au climat local et de diminuer le recours aux intrants dans les pratiques agricoles afin de réduire l’exposition globale des abeilles aux pesticides. Les néonicotinoïdes aggravent en effet la sensibilité des abeilles aux virus, bactéries et parasites tels que Nosema.

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©J.R Guillaumin

Mieux évaluer les insecticides avant leur autorisation de mise sur le marché

Le rapport note qu’en dépit de l’acuité des phénomènes d’affaiblissement des colonies d’abeilles et de leur caractère désormais ancien, « le déploiement d’études multiples, portées par des opérateurs variés au cours des dernières années, ne permet pas de disposer d’un diagnostic consolidé de l’état de santé des colonies au plan national, ni de leur co-exposition aux dangers infectieux et chimiques. »

Dans ce contexte, l’Agence souligne l’importance de disposer à terme d’un réseau d’observation harmonisé et structuré au niveau national, permettant de produire des bilans de l’état de santé des colonies, notamment par la création de ruchers de référence.

Dans le cadre de discussions à engager au niveau européen, l’Agence recommande que soient intégrés dans la procédure d’évaluation des produits phytopharmaceutiques (insecticides en particulier), avant leur autorisation de mise sur le marché (AMM), des tests mesurant l’effet de la co-exposition de ces produits à d’autres molécules.

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