Pesticides

Pesticides

Depuis l’apparition en 1939 du DDT, le premier insecticide de synthèse largement répandu et aujourd’hui interdit, fait de nouvelles molécules appelées « néonicotinoïdes », pesticides systémiques beaucoup plus puissant, le modèle agricole dominant qui s’est construit autour d’un système productiviste hautement consommateur d’intrants pose aujourd’hui de multiples problèmes à la collectivité.

Qu’est-ce qui a changé dans l’utilisation des pesticides ?

Les pesticides ont permis des hausses de productivité, et des rendements exceptionnels dans les décennies qui ont suivi la deuxième guerre mondiale.

Ces systèmes intensifs ont été favorisés, dans l’Union Européenne, grâce aux premières orientations productivistes de la Politique Agricole Commune.

Le système de production agricole traditionnel a muté vers un gigantesque secteur agro-alimentaire dominé par quelques grands groupes industriels, avec de fortes disparités et conséquences pour tous les acteurs du domaine.

Aujourd’hui, plusieurs effets néfastes remettent profondément en cause la poursuite d’un tel modèle, l’apparition et l’utilisation massive des néonicotinoïdes depuis 1990 utilisés de façon systémique, ne font qu’accélérer ce phénomène.

Pourtant, une alternative crédible à ce modèle agricole existe : l’agroécologie, qui promeut des solutions agronomiques respectueuses telles que la protection intégrée des cultures, permet de restreindre au maximum l’usage des pesticides tout en assurant de hauts rendements agricoles.

Les intrants chimiques, inefficaces sur le long terme
pour la protection des cultures

Une résistance accrue des bio-agresseurs

Des doses de plus en plus fortes de pesticides de moins en moins efficaces

La destruction des prédateurs naturels des bio-agresseurs

Un système de plus en plus coûteux


Les neonicotinoïdes et la pollution de l’environnement

L’utilisation massive et systématique des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, qu’ils le soient de façon foliaire (application aérienne) ou systémique (enrobage de la graine) pollue durablement les eaux et les sols. Ils font des ravages sur les populations d’invertébrés non ciblés (abeilles, coccinelles et scarabées, mollusques d’eau douce, vers de terre…) mais sont également une menace sérieuse pour les mammifères, les poissons et les oiseaux qui, s’ils ne périssent pas immédiatement du contact avec les néonicotinoïdes, souffrent de déficiences immunitaires, de malnutrition, de troubles de la reproduction et d’une perte de leur capacité cognitive.

Seulement moins de 20 % de la substance enrobant la graine est absorbée par la plante, le reliquat se disperse dans le sol et les milieux aquatiques, où il peut rester entre 200 et plus de 1000 jours, et s’accumuler si les cultures suivantes sont également traitées. Si les cultures suivantes ne sont pas traitées, elles développeront tout de même de fortes doses de néonicotinoïdes.

Les néoninotinoïdes sont solubles et voyagent très facilement dans l’eau. On en retrouve par exemple dans les eaux souterraines, les ruisseaux, les bassins de retenue d’eaux, les canaux… En Californie, 89 % des rivières étudiées contenaient des traces de néonicotinoïdes. Ces pollutions présentent un risque majeur pour l’écosystème, et une menace sérieuse pour tous les organismes qui en assurent l’équilibre..

Effets sur les invertébrés

Effets sur les oiseaux

Effets sur les poissons

Effets sur les mammifères



Les agriculteurs, dépendants de ce système agro-chimique

Les cultures sous perfusion

Les agriculteurs sous pression


Les alternatives: le développement de l’agro-écologie et de la protection intégrée des cultures

De nombreuses pratiques relevant de l’agro-écologie ont prouvé leur efficacité durant des siècles: apport de fumier ou compost, usage raisonnée de l’eau, adaptation des productions à l’écosystème… Seul le développement massif des intrants chimiques a fait disparaître l’usage de ces pratiques.

La protection intégrée des cultures est au cœur de l’agro-écologie : celle-ci vise à lutter contre les bio-agresseurs et à garantir de hauts rendements par une combinaison de moyens de protection sans intrants chimiques. Ceux-ci ne sont pas prohibés mais ne sont utilisés qu’en dernier recours, et dans tous les cas, le coût de l’intervention doit être inférieur aux dommages causés par le bio-agresseur.

La protection intégrée des cultures ne demande pas plus de travail sur l’exploitation agricole et celui-ci est mieux réparti sur l’année, comme l’a montré une étude de l’Agence Nationale de Recherche (ANR).

Les rendements se maintiennent au même niveau qu’avec l’utilisation d’intrants. À long terme, l’agro-écologie apparaît, selon une étude du Rodale Institute de Pennsylvanie, presque trois fois plus rentable que le système d’agriculture conventionnel.

L’agro-écologie et la protection intégrée des cultures engendre cependant une réduction temporaire du revenu des agriculteurs (temps d’adaptation des cultures dépendantes des intrants, coûts fixes engendrés par la recherche du modèle de protection intégrée des cultures le mieux adapté à l’écosystème de l’exploitation agricole).

Pour pouvoir changer de modèle à grande échelle, il est donc indispensable, au vu des freins mentionnés ci-dessus, que les exploitants agricoles opèrent cette mutation en réseau, afin de mutualiser les coûts engendrés par la recherche.