Une bombe à retardement

Les SDHI sont depuis quelques années des produits phares de l’agrochimie, ils sont utilisés à grande échelle pour tuer champignons et moisissures dans les cultures (blé, orge, maraichage…). Leur mode de fonctionnement est particulier : ils agissent sur les mitochondries des cellules en bloquant leur respiration. Ces fongicides ont passé des tests d’évaluation avant leur mise sur le marché, censés garantir que ces produits, une fois déversés dans les champs, ne poseront pas de risques majeurs.

Mais en 2017, des chercheurs de l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale), spécialistes des mitochondries, ont décidé de tester certaines molécules SDHI en laboratoire. Ils ont découvert, sidérés, qu’elles ne sont pas spécifiques aux champignons mais bloquent également la respiration cellulaire des humains et des vers de terre. Ils ont aussi constaté que le processus d’homologation n’offrait aucune garantie quant à l’innocuité de ces molécules. 

Les tests en vigueur ne recherchent absolument pas les possibles dérégulations épigénétiques (avec risque de cancer, de tumeurs…) que ces substances pourraient provoquer, ni les effets d’une exposition à long terme. L’impact sur la biodiversité, notamment sur les abeilles, pourrait également être catastrophique. Malgré un avis rassurant de l’Anses (autorités sanitaires françaises), ces scientifiques maintiennent leur alerte. POLLINIS finance des études indépendantes pour connaître la toxicité réelle des SDHI sur la biodiversité et demande un moratoire immédiat sur ces produits.

PUBLICATIONS