Comment les lobbys bloquent depuis six ans des procédures salvatrices pour les pollinisateurs

Alors que le déclin des pollinisateurs fait peser une menace sur la sécurité alimentaire en Europe, l’épandage dans les champs de substances dévastatrices pour ces insectes se poursuit. En cause, le système obsolète d’homologation des pesticides qui permet toujours la commercialisation de molécules dangereuses pour les pollinisateurs : tests de toxicité sur les pollinisateurs inadaptés, impact sur les espèces sauvages délibérément ignoré, opacité et conflits d’intérêts patents…

Pourtant des « tests abeilles » efficaces existent déjà. Ils ont même été validés par l’EFSA l’autorité sanitaire européenne, depuis 2013, et par l’OCDE. Selon les producteurs de pesticides eux-mêmes, s’ils étaient mises en œuvre, 79 % des herbicides, 75 % des fongicides et 92 % des insecticides ne passeraient pas le premier niveau des tests et pourraient voir leurs homologations remises en question.

Mais les États membres refusent de les adopter. Depuis 2013, les représentants des ministres de l’Agriculture des 28 pays européens, réunis au sein d’un obscur comité technique de l’Union européenne (le SCoPAFF), rejettent systématiquement l’approbation des « tests abeilles » sans aucune explication.

En attendant une validation européenne, la France peut suivre les préconisations de l’ANSES et mettre en œuvre les « tests abeilles » au niveau national : c’est ce qu’a fait la Belgique en 2017. POLLINIS demande donc au gouvernement français de réformer de toute urgence le système d’homologation.

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