Interdire définitivement les néonicotinoïdes

Le contexte

Les néonicotinoïdes sont des insecticides neurotoxiques qui attaquent le système nerveux central des insectes, provoquant la paralysie et la mort. Conçues dans les années 90 pour lutter contre les ravageurs dans les grandes cultures, ces molécules sont à large spectre – elles tuent en réalité l’ensemble des arthropodes, et de nombreux autres organismes vivants. Elles sont en grande partie responsables de la hausse de mortalité des abeilles, de l’extinction en cours des insectes et, par ricochet dans les chaînes alimentaires, de la disparition des oiseaux communs d’Europe et des poissons de rivière. Composée de sept molécules (imidaclopride, thiaméthoxame, clothianidine, dinotéfurane, acétamipride, nitenpyrame, thiaclopride), la famille des néonicotinoïdes représente à elle seule 40 % du marché mondial des insecticides agricoles, ce qui en fait les insecticides les plus vendus au monde1.

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Le problème

La nocivité des néonicotinoïdes fait l’objet d’un consensus scientifique incontestable. Au cours des 25 dernières années, plus d’un millier d’études – analysées par la Task Force on Systemic Pesticides (TFSP), un consortium de scientifiques indépendants – ont montré qu’ils déciment les abeilles mais aussi tous les insectes, notamment les pollinisateurs sauvages (abeilles sauvages, bourdons, osmies…), ainsi que les araignées, les milles-pattes, les crustacés, les vers de terre… Ils sont dangereux à des doses d’exposition infimes (toxicité aiguë) mais également indirectement par le biais des puissants effets sublétaux qu’ils engendrent : suppression du système immunitaire, perturbation du sens de l’orientation ou de la capacité de reproduction…2 Comme se sont des insecticides systémiques, la substance active se diffuse par la sève de la plante au fur et à mesure de sa croissance, et se retrouve dans l’ensemble de la plante, notamment les parties prisées des pollinisateurs : le pollen, le nectar et les gouttelettes d’eau présentes le matin à l’extrémité des feuilles des plantes (la guttation).

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Les solutions

Les néonicotinoïdes ont été progressivement interdits en Europe à partir de 2018 et en France à partir de 2013, mais de nombreuses exceptions perdurent et les firmes de l’agrochimie poursuivent leur lobbying intensif en faveur de leur utilisation, parvenant à fragiliser les interdictions partielles décidées à l’échelon français et européen. Des solutions économiques (réorientation des aides à l’agriculture, mise en place d’assurance mutualisée en cas de mauvaise récolte…) et agronomiques existent pourtant, et offrent déjà des alternatives reconnues. Dans un bilan réalisé en 2017 à la demande du ministère de l’Agriculture, l’Anses a identifié des alternatives (chimiques et non chimiques) suffisamment efficaces et opérationnelles pour une majorité des usages. Et dans 78 % des cas analysés par l’agence « au moins une solution alternative non chimique existe ».

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Pour aller plus loin

Toutes nos publications sur les néonicotinoïdes
Toutes les Actus #StopNeonics
Actuellement

Contre les dérogations en France, POLLINIS lance un outil pour interpeller directement ses parlementaires :

J’INTERPELLE MES PARLEMENTAIRES

24 septembre 2020

Pour appeler l’Assemblée nationale à voter contre le projet de loi ré-autorisant les néonicotinoïdes, POLLINIS manifeste avec une vingtaine d’organisations devant les Invalides.

22 septembre 2020

20 organisations, dont POLLINIS, adressent aux députés un document qui répond aux contrevérités du gouvernement sur le projet de loi visant à réintroduire les néonicotinoïdes.

2 septembre 2020

Dans une tribune publiée par Le Monde, le délégué général de POLLINIS exhorte les parlementaires de ne pas autoriser les « dérogations d’urgence » à l’interdiction des néonicotinoïdes.

17 août 2020

17 organisations dont POLLINIS interpellent le ministre de l’Agriculture, dans une lettre ouverte, pour lui demander de renoncer aux dérogations sur les néonicotinoïdes, réclamées par les producteurs de betterave.

7 octobre 2019

POLLINIS mobilise ses sympathisants pour le décret sur les pesticides présentant des modes d’actions identiques à ceux des néonicotinoïdes : plus de 10 000 commentaires enregistrés lors de la consultation publique (un record).

1 juin 2018

L’Union européenne interdit trois molécules sur sept. POLLINIS dénonce une mesure partielle et demande une interdiction totale.

8 novembre 2017

POLLINIS organise au Parlement européen de Bruxelles une conférence réunissant cinq scientifiques internationaux qui présentent les résultats de leurs recherches sur la toxicité des néonicotinoïdes et leurs impacts sur les pollinisateurs, et appelle l’Union européenne à prendre des mesures d’urgence.

10 octobre 2017

POLLINIS fait déposer plusieurs amendements pour une interdiction totale en Europe.

1 juillet 2016

L’interdiction des néonicotinoïdes au 1er septembre 2018 est votée en France avec dérogations possibles jusqu’en 2020.

15 mars 2016

Remise de la pétition #StopNeonics au Parlement européen à Strasbourg : 40 eurodéputés acceptent de recevoir notre pétition et une trentaine prennent position officiellement pour une interdiction.

1 mars 2016

Projet de loi « Biodiversité » : les sympathisants de POLLINIS envoient près de 200 000 messages à leurs députés. Les Sénateurs reçoivent directement 283 701 messages.

29 janvier 2016

POLLINIS publie une tribune dans Le Monde demandant aux députés de voter pour l’interdiction des néonicotinoïdes et « d’incarner enfin l’intérêt général ».

15 janvier 2016

POLLINIS fait redéposer plusieurs amendements « Stop néonics » dans le projet de loi « Biodiversité ».

1 juillet 2015

POLLINIS intervient à Bruxelles lors de la conférence de l’intergroupe « Changement climatique, biodiversité et développement durable » pour souligner l’incompatibilité des néonicotinoïdes avec les alternatives agricoles écologiques.

1 mai 2012

Lancement de la campagne d’information #StopNeonics. La pétition qui l’accompagne rassemble par vagues successives en 4 langues et dans plus de 15 pays à travers l’Europe plus d’1 million de signataires uniques en 2015.